Mauritanie : la colère noire

 

Après avoir dénoncé les dérives du processus de recensement, les porte-parole de la communauté négro-mauritanienne revendiquent un meilleur partage des richesses et du pouvoir. Reportage.

Les lunettes noires qui masquent son visage et le ton monocorde de sa voix ne laissent rien deviner de la colère qui le ronge. À l’évidence, Moussa Abdoul Mangane, un homme discret et pudique de 38 ans, n’est pas né pour jouer les tribuns. S’il est devenu, depuis quelques semaines, l’une des figures de la contestation contre ce que tout le monde ou presque en Mauritanie appelle à tort « le recensement » – il s’agit en fait d’un enrôlement –, c’est parce que son fils aîné est pour l’heure l’unique victime des manifestations qui ont embrasé le pays à la fin du mois de septembre.

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Témoignage: Ndiaga Dieng m´a torturé à Djreida

Le général Diaga DIENG, un Tortionnaire en liberté

C´est avec une grande amertume et tristesse que j´ai appris la promotion de Ndiaga Dieng comme Général dans l´armée mauritanienne. En 1987 après notre arrestation suite aux évènements d´octobre 1987 et qui ont valu l´exécution de nos trois camarades Ba Seydi, Sy Saïdou et Sarr Amadou, j´ai été arrêté et interrogé par Ndiaga. Je peux témoigner devant Dieu et devant le tribunal que le capitaine Ndiaga Dieng est un tortionnaire.

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Répression à l’encontre de défenseurs des droits humains en Mauritanie: ethnicité, discrimination et autres lignes rouges

Manifestation organisée par le Collectif des veuves et le COVICIM (Collectif des Victimes Civiles et Militaires) à l’occasion de la journée de commémoration des événements de 1989/1990. Nouakchott, novembre 2016. © 2016 Tiphaine Gosse

HRW – Résumé

La population de la Mauritanie est largement hétérogène ; les questions de caste et d’ethnicité sont à l’origine de nombreux problèmes de droits humains parmi les plus délicats et les plus profondément enracinés dans ce pays.

Le présent rapport examine comment les autorités mauritaniennes traitent les organisations qui mènent des campagnes relatives aux questions de la discrimination ethnique et de caste, de l’esclavage et de son héritage ainsi que des abus du passé ayant ciblé des groupes ethniques spécifiques.

Ce rapport évalue l’ampleur de leur liberté de s’exprimer, de s’assembler et de s’associer l’une à l’autre, ainsi que les mesures répressives et restrictives auxquelles elles font face. Ces dernières comprennent les lois et les politiques employées pour priver ses associations de leur statut juridique, restreindre leurs activités et, dans certains cas, emprisonner leurs membres. 

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Hommage : Le Professeur Oumar BA (9 mars 1917 – 12 février 1998)

 

Oumar Bâ né le 9 mars 1917 à M’Bagne en Mauritanie et mort le 12/02/1998 à Nouakchott) exerce comme professeur, chercheur et conseiller technique à l’Institut des langues nationales de Mauritanie.

Titulaire en 1934 du diplôme d’aptitude pédagogique, il enseigne successivement à Tambacounda puis à Diouloulou (Sénégal) avant de se faire admettre en 1936, par voie de concours, dans le corps des agents des Postes et télécommunications.

 

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Alpha Oumar Thierno Baila : Chef d’Etat-major Général de l’armée d’El Hadj Oumar Al Foutiyou (que Allâh l’agrée)

Alpha Oumar Thierno Baila est un illustre général de l’armée omarienne

Un général, mais aussi un homonyme de Cheikh Oumar Foutiyou Tall, qui a tout donné au jihâd ou guerre sainte (1846-1864) disparu onze mois avant son homonyme en mars 1863. C’était l’un des guerriers, un compagnon de la première heure au jihâd avec El hadj Omar Tall. « Alpha était un général d’armée, un combattant intrépide, animé d’un sens élevé du sacrifice, d’un courage téméraire d’une fine connaissance des hommes, d’un humanisme éclairé, marqué de pudeur, d’ascétisme de scrupule, de sincérité et de vérité », affirme le professeur Iba Der Thiam qui ajoute : « Elhadj Omar Tall a eu la chance de bénéficier du compagnonnage d’Alpha Oumar Thierno Bailla Wane ».

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Le Sénégal et la Mauritanie sont à la croisée d’une glaciation diplomatique et d’une veillée d’armes (Par Babacar Justin Ndiaye)

 

Dieu merci ! Le souffle de la sagesse a étouffé le bruit des hélices des garde-côtes, amorti le retentissement martial du communiqué du commandement mauritanien et bloqué la forte décision du Sénégal, d’envoyer un bâtiment de la Marine nationale, près de la frontière maritime. C’est-à-dire au bord du Rubicon. On a frôlé l’abîme puis fait demi-tour. La désescalade (annonciatrice de la détente) est-elle le fruit d’une intense négociation bilatérale ou le résultat d’une pression amicale et souterraine de la France soucieuse d’éviter le clash entre deux pays qui abritent ses intérêts économiques et jouent, à ses côtés, des partitions décisives au Mali et dans le G5 Sahel ? Les coïncidences ne fourmillent jamais de façon hasardeuse.
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Le 11 févier 1966, les auteurs du Manifeste des 19 sont arrêtés : les risques d’une décohabitation cinquante deux ans après par Ciré Ba et Boubacar Diagana

de droite à gauche : Bal Mohamed El Habib dit Doudou, Ba Abdoul Aziz dit Zeus, Sy Satigui Oumar Hamady, Ba Aly Kalidou et Sy Abdoul Idy dit Mamoye

 

« Le 4 janvier 1966, les élèves noirs des lycées de Nouakchott ont déclenché une grève qu’ils jugent qu’ils déclarent illimitée en vue de faire supprimer la mesure rendant obligatoire la langue Arabe dans l’enseignement du Second Degré ».

Le Conseil des Ministres du 13 janvier 1966 décida de la suspension et du déclenchement de poursuites judiciaires contre les 19 signataires du Manifeste.  Ils sont tous arrêtés le 11 février 1966. Il s’agit de :  

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Mémorandum du CRSM concernant le dernier découpage administratif

 

 

 

Le jeudi 25 Janvier 2018, le Conseil des Ministres a pris un Décret de nouveau découpage administratif.

En Inchiri, Benichab est érigé en Moughataa et Mhaijratt en arrondissement. Au GuidimakhaKhabou est érigé en moughataa, et Tachott et Lehraj en arrondissements. Alors que ces dernières années, de nouveaux découpages administratifs inopinés ont été opérés dans les wilayas du Hodh El Chargui et de Dakhlet Nouadhibou ignorant le Guidimakha malgré de nombreuses demandes argumentées et justifiées restées lettres mortes.

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Les Flam à la soirée «combattre l’esclavage en Libye et dans le monde »

 

Sur invitation du collectif  Urgence Darfour, le camarade Ibrahima Diallo dit Babayel, membre du bureau national des Flam participera à la soirée autour  de films, de témoignages et d’interventions : Combattre l’esclavage en Libye et dans le monde, le mercredi 14 février 2018 de 19h à 21h à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris 

5  Rue Lobau 75004 Paris 

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Mauritanie- Ils vivent en esclavage par Garba Diallo, 1996

 

Ce texte, daté de 1996, n’a rien perdu de son actualité. Même si la dictature du colonel Maaouya Ould Taya a pris fin en août 2005 au bout de 21 ans, l’esclavage reste une réalité en Mauritanie, qui a été le dernier pays au monde à l’abolir officiellement, en 1980. Le nouveau président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi a promis durant sa campagne électorale de mener une politique de “discrimination positive” à l’égard des victimes de l’esclavage. Mais les pratiques séculaires, désormais camouflées, ne sont pas près de disparaître…

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous faire reculer de 200 ans dans l’histoire. Ce dont je veux vous parler se passe maintenant, en 1995. C’est l’histoire d’un Mauritanien noir appelé Abdi.

 

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Terreur silencieuse, un voyage dans l’esclavage africain contemporain Critique par Daniel Pipes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’esclavage – la propriété [par la force] brutale d’une personne et son exploitation comme une bête de somme – a lieu dans deux endroits principaux dans le monde contemporain, le Soudan et la Mauritanie. La pratique soudanaise résulte en grande partie d’une guerre menée par les musulmans contre les chrétiens, quand les premiers arrivent à vaincre les derniers, souvent ils les asservissent (et souvent les convertissent à l’Islam). La Mauritanie n’a pas de guerre et aucune autre religion que l’islam – elle est près d’être un pays purement musulman – mais elle a une fracture raciale entre les Arabes (peau claire) et les négro-Africains (peau noire). Sur une population totale de quelque 2 millions, quelques dizaines de milliers de Mauritaniens sont réduits en esclavage.

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Le congrès d’Aleg : l’acte de naissance d’une Mauritanie ségrégationniste: Thièrno Sada Baba Lam, un survivant du Congrès d’Aleg témoigne

 

Thierno Sada Baba consacre l’essentiel de son temps à la lecture du coran et aux prêches dans les mosquées ou les cérémonies religieuses. Il est né en février 1914 à Touldé, un grand quartier de Boghé. Sa date de naissance coïncide nous dit-il avec l’année du riz. C’est lui l’Imam Ratib (titulaire) de la grande mosquée de Boghé depuis le rappel à Dieu de feu, Thièrno Bocar Sokho, son prédécesseur à cette fonction et qui fut membre du Haut Conseil Islamique. L’âge très avancé de thierno Sada n’a pas affecté sa mémoire ni même sa voix qui demeurent intactes.

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Elimane Boubacar Kane : « Un Patriarche éclairé et fédérateur en Islam »

 

Elimane Boubacar KANE est né en 1721 à Tichikel, près de R’Kiz (Mauritanie, Kadiar en Pulaar); il est décédé en mars 1851 à Dimat (Dialmath, Sénégal). Son exceptionnelle longévité, 130 ans selon les sources traditionnelles, fait de lui le témoin du début de la domination coloniale sur la partie occidentale de notre continent.
Considéré au début du XIXe siècle comme « le plus puissant de la Nigritie » (cf. Baudin, Schmaltz et Madina Ly Tall), il fut un grand rénovateur, pour avoir été l’un des sept disciples du foyer du Cadi Amar Fall de Pire Sagnokhor, qui pensèrent et organisèrent l’avènement de l’almamyat du Fouta Toro (1776 – 1881) contre le joug d’une monarchie « denyanke » fortement liée à la traite négrière.

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Déportés de leur pays depuis 1989, les 14 000 réfugiés mauritaniens installés à Dagana racontent leur calvaire

Sur les sites de Thiabakh, des huttes bien faites, quelques cases éparpillées en pleine forêt, des tas de bois morts par-ci, des marmites au-dessus du feu par-là et deux à trois ânes attachés sous des arbres, font le décor. L’ambiance « morose » elle, est assurée par ces quelques enfants qui, sans habits ni chaussures, jouent, des ovins qui, de retour du pâturage, crient en courant, des coqs qui chantent, et parfois des chiens qui aboient en apercevant des Etres inconnus.

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Le Manifeste des 19, un document toujours d’actualité

 

Le 4 janvier 1966 les élèves noirs des Lycée de Nouakchott ont déclenché une grève qu’ils déclarent illimitée en vue de faire supprimer la mesure rendant obligatoire la langue arabe dans l’enseignement du second degré.

Cette action énergique ne fait que révéler un malaise profond et latent, car il est notoire que l’étude obligatoire de la langue arabe est pour les Noirs une oppression culturelle. Cette mesure constitue ensuite un handicap certain à tous les examens pour les élèves noirs qui, de façon consciente ont toujours repoussé l’étude de la langue arabe qu’ils savent un frein à leur développement culturel et scientifique et contre leurs intérêts.

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« L’esclavagisme en Libye n’est que le prolongement de la négrophobie au Maghreb » Par Hamidou Anne

 

Pour notre chroniqueur, les images d’êtres humains vendus interpellent notre humanité et font écho aux récits glaçants qui proviennent des routes d’exil.

Une vidéo de la chaîne américaine CNN montrant des Subsahariens vendus aux enchères en Libye a provoqué une vague d’indignation sur le continent africain. L’émotion des intellectuels, militants de la société civile et simples citoyens a poussé les leaders politiques à réagir.

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Les terres de la vallée du Sénégal : Question nationale et enjeux fonciers

 

En Mauritanie, la sécheresse qui avait duré de 1967 à 1993 et la progression de la désertification dans le Sahel subsaharien ont modifié considérablement l’écologie au détriment des économies traditionnelles et de l’occupation de l’espace. Leurs effets replacent aujourd’hui les zones d’eau (les bassins du fleuve Sénégal et de ses affluents le Xaaraxooro et le Gorgol situés sur la rive mauritanienne) et de pâturages dans des enjeux économiques de plus en plus importants.

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Tension entre la Mauritanie et le Sénégal, cantines maures vandalisées, d’autres brulées

 

 

La tension était vive, ce lundi, à Saint-Louis. Très en colère, des pêcheurs de Guet-Ndar ont violemment protesté contre le meurtre d’un des leurs, atteint par balle à Ndiago par des garde-côtes de la Mauritanie.

Les manifestants ont d’abord brùlé des cantines maures établies au marché de Ndar Toute avant de se ruer vers  l’ile nord pour saccager la « boutique poste » et une autre en face de la pharmacie Kandji.

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Matriarcat berbère Maure Beydane face à l’islam : plus tu as de maris, plus tu es respectable

 

« Je vous assure que nous respectons bien les hommes. D’ailleurs, c’est l’islam qui nous guide en ce sens ».

Les Maures (ou Mauri) est le nom donné aux populations arabo-berbères métissés vivant au Sahara et dans les territoires sud, côtoyant les populations noires. Ils n’ont pas grand chose à voir avec les Maures d’Espagne, étant donné que ni leur dialecte ni leur culture ne sont apparentés. Le terme « Maure » leur a été attribué car ils étaient la seule population d’origine nord-africaine trouvée dans le sud du Sahara.

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La vie d’un Sénégalais Illustre : Lamine SENGHOR (1889 – 1927)

 

Né le 15 septembre 1889, à JOAL, dans le département de M’Bour, Lamine SENGHOR est issu d’une famille très modeste de paysans Sérères. Par conséquent, Lamine SENGHOR contrairement à ce qu’écrivent certains auteurs, n’est pas né à Dakar ou Kaolack. Il faut le préciser, Lamine SENGHOR n’est pas un parent de Léopold Sédar SENGHOR, premier Président du Sénégal indépendant.

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