

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques et de la société civile,
Chers compatriotes,
Chers militantes et militants des FLAM,
Bonjour à toutes et à tous,
Jam wale e monne
Anam chakeerkoum
Nangendef
Maroumo hasounka
Je prends aujourd’hui la parole à l’issue de cette visite en Mauritanie, une visite chargée d’émotion, d’espoir et de responsabilité. Une visite qui, pour beaucoup, revêt un caractère historique.
Je tiens avant toute chose à remercier très sincèrement les militants et responsables des FLAM pour leur engagement, leur organisation, leur discipline et leur sens des responsabilités. Sans eux, ce moment historique n’aurait pas pu avoir lieu. Leur détermination témoigne de la maturité politique de notre mouvement et de sa volonté constante d’œuvrer dans la paix, la responsabilité et le respect de notre peuple.
Je remercie également toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à rendre possible mon arrivée sur le territoire national. Je remercie les partis d’opposition, les organisations de la société civile, les personnalités nationales ainsi que les simples citoyens qui nous ont réservé un accueil chaleureux et fraternel.
Je sais que cette arrivée a surpris beaucoup de personnes. Elle a suscité des réactions diverses, positives comme négatives. Certains se sont interrogés : pourquoi les autorités ont-elles permis au Président des FLAM de rentrer en Mauritanie ?
Ma réponse est simple : quels que soient les désaccords politiques ou idéologiques, aucun Mauritanien ne devrait être empêché de rentrer chez lui. La Mauritanie appartient à tous ses enfants.
À ce titre, je tiens à saluer cette volonté d’ouverture. Une fois n’est pas coutume, je remercie donc les autorités mauritaniennes d’avoir permis mon arrivée et ma libre circulation sur le territoire national. Et je tiens à préciser que chaque geste sincère d’apaisement, de dialogue, de réconciliation et d’unité nationale sera toujours salué par les FLAM.
Mais cela ne nous empêchera jamais de continuer à dénoncer les injustices lorsque nous les constaterons. Car notre objectif demeure inchangé : contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations mauritaniennes à travers la garantie des droits, l’égalité des citoyens et la dignité humaine.
Durant ce bref séjour, j’ai rencontré de nombreux Mauritaniens, issus de toutes les communautés et de toutes les régions. Beaucoup m’ont exprimé leurs inquiétudes pour l’avenir du pays, pour l’avenir de leurs enfants, pour leurs difficultés quotidiennes dans un pays pourtant doté d’immenses potentialités encore largement inexploitées.
J’ai vu beaucoup d’inégalités.
J’ai vu beaucoup de compétences non valorisées.
J’ai vu beaucoup de misère sociale.
J’ai vu des serviteurs de l’État souvent bienveillants mais insuffisamment formés et insuffisamment équipés.
J’ai vu des diplômés sans emploi qui n’osent même plus encourager leurs jeunes frères et sœurs à poursuivre leurs études.
J’ai entendu de nombreux témoignages d’injustices, notamment dans l’accès à l’emploi et aux responsabilités.
Et je veux le dire clairement : dans une nation digne de ce nom, la réussite ne doit jamais dépendre des relations personnelles, du favoritisme ou de l’appartenance communautaire. Elle doit dépendre des compétences, du mérite et du travail.
Ce séjour m’a également permis de constater une réalité importante : malgré les blessures de notre histoire — le génocide, les déportations, les discriminations, l’esclavage et les incompréhensions — nos populations ont souvent mieux su vivre ensemble que certaines de nos élites n’ont su gouverner ensemble.
Oui, nos populations ont souvent compensé par leur solidarité et leur humanité les échecs de la gouvernance nationale.
Mais nous ne pouvons pas construire durablement une nation sur des fondations fragiles, sur les injustices, sur l’insécurité juridique et physique, sur les inégalités ou sur la désacralisation de nos institutions républicaines.
Je comprends la volonté de certains de tourner la page du passé. Mais on ne tourne pas durablement une page sans l’avoir lue, comprise et assumée ensemble.
C’est pourquoi nous réaffirmons aujourd’hui la nécessité d’un véritable processus de réconciliation et de vérité entre Mauritaniens. Une réconciliation sincère, inclusive et tournée vers l’avenir.
Les FLAM ont toujours salué et continueront de saluer toute initiative visant à promouvoir le dialogue inclusif et la recherche de solutions pacifiques pour la Mauritanie et pour toutes ses filles et tous ses fils.
Nous ne devons pas oublier non plus que des déportés mauritaniens vivent encore aujourd’hui hors du pays, notamment au Sénégal et au Mali. Cette réalité nous oblige moralement et politiquement.
Mon déplacement avait également pour objectif de rencontrer nos militants afin de mieux structurer notre action au service des populations.
Dans ce cadre, plusieurs visites ont été effectuées dans certains quartiers de Nouakchott ainsi que dans différentes localités à l’intérieur du pays. Et ces déplacements ont vocation à se multiplier.
Nous voulons mettre en place des antennes des FLAM dans toutes les régions de Mauritanie afin d’être au plus près des habitants, d’identifier leurs besoins réels et de mieux les accompagner dans leurs relations avec l’administration.
Notre démarche sera transparente, pacifique et constructive. Nous irons à la rencontre des populations comme des autorités locales afin d’expliquer notre projet pour une Mauritanie plus juste, plus stable et plus prospère.
Mais le changement ne peut pas être imposé d’en haut. Il nécessite la participation des citoyens eux-mêmes. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens doivent devenir des acteurs du changement et non de simples spectateurs.
C’est pourquoi nous insistons également sur la nécessité de réformes structurelles profondes, mais aussi sur la nécessité de former les citoyens à la citoyenneté et à la vie politique afin qu’ils comprennent mieux les enjeux et puissent jouer pleinement leur rôle dans la vie politique, économique et sociale du pays.
Aujourd’hui, dans un contexte de tensions régionales, de défiance croissante et de restriction progressive des libertés, nous avons de plus en plus peur les uns des autres alors que nous ne devrions pas. Cette situation est dangereuse pour notre cohésion nationale.
Il est temps de faire un bilan collectif et d’aller de l’avant.
Il est temps que cessent certaines pratiques humiliantes dans certains quartiers de Nouakchott.
Il est temps que les forces de sécurité protègent les manifestants dans l’exercice de leurs droits constitutionnels.
Il est temps qu’il soit mis fin à tous les emprisonnements à caractère politique.
Il est temps de mettre en place un véritable dialogue national entre les populations elles-mêmes et non uniquement entre les élites.
Les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle et les outils numériques, permettent aujourd’hui d’organiser des consultations larges et inclusives. Il serait dommage de s’en priver.
Il est également temps de faciliter les échanges linguistiques entre Mauritaniens en encourageant l’apprentissage de toutes les langues présentes sur notre territoire national.
Il est temps de bâtir une administration moderne, compétente, bien formée et véritablement au service des citoyens.
Les FLAM réaffirment aujourd’hui leur engagement en faveur d’une Mauritanie juste, prospère et unie, où chaque citoyenne et chaque citoyen jouit des mêmes droits et des mêmes devoirs dans le respect de la paix, de la justice sociale et de la dignité humaine.
Nous restons ouverts à tout partenariat avec les forces politiques et sociales qui partagent sincèrement cette vision et qui souhaitent travailler pour sa réalisation.
Je souhaite également lancer un appel à notre jeunesse : vous êtes les bâtisseurs de demain. Refusez le fatalisme. Engagez-vous pour votre pays.
J’appelle les aînés à jouer leur rôle de ciment social et de transmission.
J’appelle les élites à jouer leur rôle de guide et d’exemple.
La Mauritanie possède toutes les ressources nécessaires pour assurer à ses populations des conditions de vie dignes et enviables. L’émigration massive de notre jeunesse, qu’elle soit scolaire ou économique, ne doit plus être une fatalité.
Le jour doit venir où les Mauritaniens voyageront à l’étranger par choix, pour découvrir le monde ou pour des vacances, et non parce qu’ils fuient le chômage, l’injustice ou le désespoir.
Avant de conclure, je tiens à remercier la presse nationale et internationale présente aujourd’hui, ainsi que tous les journalistes qui nous ont accompagnés depuis mon arrivée sur le territoire national.
Je remercie également les militants des FLAM en Mauritanie et dans la diaspora pour leur engagement constant et pour la réussite de cette mission.
Enfin, je remercie le peuple mauritanien pour son accueil chaleureux et pour avoir exprimé sa volonté d’un changement constructif.
Je dois dire que cette visite m’a redonné foi en l’avenir de notre pays.
Oui, le chemin sera difficile.
Oui, les défis sont nombreux.
Mais ensemble, main dans la main, nous pouvons construire une Mauritanie réconciliée avec elle-même, une Mauritanie juste, stable et prospère.
Et nous le devons à nos enfants.
Je vous remercie.



