Témoignage de Ibirahiima Abu Sal sur la Mort de Jiggo Tafsiiru

Jam waali, jam weeti, jam nyalli, jam hiiri
Je vous rappelle que c’est aujourd’hui le 33ème anniversaire du décès de notre grand-frère militant,  un des précieux membres fondateurs des F.l.A.M,  Tafsiiru JIGGO. Décédé et enterré à Waalata, le mercredi 28 septembre 1988.
« Ibiraahiima, haa mi maaya, mami heddo wonnde e nder njuulu lislaam, Fuutaŋnke e F.l.A.M . Jaŋngo, so a denyii yaltude, jokku wittooji maaɗa. Eden potti anndu no feewi dartol men »(dimanche, 25 septembre 1988).
On avait sorti un groupe de prisonniers politiques dont je faisais partie pour apporter de l’eau depuis les puits situés dans une petite vallée de Waalata. Lorsque nous sommes revenus, au moment d’entrer dans le fort, nous avons entendu quelqu’un qui criait  » O maayi, o maayi ». Entre 09h et 10h.
 Nous entendions aussi Muusa Gomel BARO qui criait dans la cour et dans la salle de prison où nous étions enfermés depuis notre arrivée au fort de Waalata le vendredi 11 décembre 1987:
« Tafsiiru maayii, o maayi Jambaaro maayi ». Il était très, très, très choqué comme nombreux parmi nous.
J’ÉTAIS CHOQUÉ, CHOQUÉ,  CHOQUÉ.
TAFSIIRU JIGGO:  MON GRAND-FRÈRE ET CAMARADE COMPLICE POLITIQUE.
 A Waalata, il faisait partie d’un petit groupe de personnes qui faisaient un travail important pour me protéger des menaces de personnes qui souhaitaient ma mort; d’autres qui voulaient même donner mon nom aux reponsables de la prison. C’est ce qu’ils ont fait en septembre 1988).
« On te tue et on jette ton corps comme une pomme pourrie » ( Wul Bubakar  à Waalata et le responsable de la prison d’Ayuun el Atuurus en novembre 1988).
Pendant les moments de tensions Tafsiiru JIGGO,  Paate BAH, Abuubakri JALLO me faisaient coucher discrètement entre eux, et me faisaient couvrir de leurs draps.
Ces Informations ont été communiquées à Amnesty international et national français  et à Africa Watch. A Genève aussi. Des interlocutrices et des interlocuteurs qui étaient fortement choquées et choqués de défendre dans le monde des personnes qui avaient ce comportement inhumain vis-à-vis de leurs compagnons de prison.
Dans la publication de ma thèse (« Mauritanie du Sud. conquêtes et administration coloniales françaises. 1890-1945 » Karthala. Paris. 2007- 815 pages) je les remercie, lui Tafsiiru JIGGO , Alasan Umar BAH et mon cousin Abdul Kudduus BAH -Page 6).
Le jour du transfère des civils à  Ayuun-el-Atrouss (du 31 octobre au1er novembre 1988), pendant les préparations, je suis allé dehors, resté debout à quelques mètres de leurs tombes respectives.  « Saaŋnga maa aroy jaŋngo, min nawa on min mbirnoya on Fuuta Tooro: Kayhayɗi,  Calgu , Ɓoggee, Fimmbo (…..).Hare koo jokkata haa poolgu WAALFUUGI »
Je suis revenu au groupe dont certains, j’ai constaté,  me regardaient.  Deux d’entre eux m’ont posé la question :  « Pourquoi tu étais tourné vers les tombes ». Je suis resté dans le silence, et je ne répondis pas aux questions. C’est à Ayuun-el-Atrouss que j’ai répondu à certains  camarades de combat pour notre dignité humaine.
Retenons ce principe fondamental nationaliste : transférer un jour leurs corps  respectifs au Fuuta Tooro, dans leurs villes et villages respectifs, comme nous le ferons aussi pour tous les autres. INSTALLER LEURS CORPS RESPECTIFS DANS LA DIGNITÉ SOCIO-HUMAINE.
Le 28/09/2021
Ibiraahiima Abuu SAL
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Condoléances des FLAM à la famille de SY Abdoulaye Malikel

Le président des FLAM et tous les membres des FLAM présentent leurs condoléances les plus attristées a la famille de Abdoulaye MaIikel Sy, décédé aujourd’hui à Dakar. Il fut un homme qui a lutté toute sa vie pour la bonne cause et pour la dignité humaine en Mauritanie.  Il avait survécu à la prison mouroir de Oualata avec les détenus  FLAMistes en 1986. Le président des FLAM et tous ses militants  présentent leurs condoléances a toute la classe politique de notre pays la Mauritanie. Car sa vie fut militante, combattante jusqu’à son dernier souffle. Paix à ton âme doyen.

le 14/09/2021

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l’ONU recrute un génocidaire mauritanien : lettre des FLAM au secrétaire général des nations unies

Le Président des forces de libération africaines de Mauritanie: FLAM

A

Monsieur Jean-Pierre LACROIX

      Secrétaire général des Nations Unies

Ampliation à :

Madame Michelle BACHELET, haut commissaire des Nations Unies pour les droit de l’homme,

Monsieur Mankeur NDIAYE, représentant spécial du secrétaire général des nations unies en république Centrafricaine RCA,

 

Objet : l’ONU recrute un génocidaire mauritanien

Monsieur le Secrétaire Général,

Les Forces de libération africaines de Mauritanie -F.L.A.M.- sont une organisation à caractère plurinational, non ethnique et non raciale qui lutte pour l’avènement d’une société égalitaire et démocratique.

Elles prennent en charge l’ensemble des questions qui se posent au pays, en particulier celle vitale de la discrimination raciale érigée en système de gouvernement, en ce qu’elle menace l’unité et l’existence même du pays. La finalité poursuivie demeure de construire un Etat de droit, démocratique, fondé sur l’égalité, la justice entre toutes les composantes nationales, pour l’unité et la paix entre les peuples, dans le respect des identités respectives.

A ce titre, au nom de mon mouvement et en mon nom personnel, je ne peux que soutenir le courrier ci-dessous qui dénonce le recrutement, par les Nations Unies, d’un génocidaire clairement identifié par ses victimes. Ce dernier n’échappant à la justice de son Pays, la Mauritanie, que par le vote d’une loi d’amnistie n° 93-23 du 14 juin 1993 qui absout les auteurs « d’infractions commises entre le
1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 ». Ce qui n’est qu’un aveu de culpabilité.

«Par la présente, je souhaite attirer votre attention sur la nomination du général mauritanien Ely Zayed ould Mbarek au poste de chef de la Task Force conjointe pour Bangui (RCA).  Le Général Ely Zayed Ould M’Bareck est totalement disqualifié pour occuper ces hautes fonctions pour avoir activement participé á la campagne de tortures et d’exécutions extrajudiciaires visant á éliminer les officiers, sous-officiers et soldats noirs de l’armée nationale mauritanienne. Une campagne essentiellement motivée par la discrimination raciale et la politique de nettoyage ethnique. Au moment des faits, le General Ely Zayed Ould M’Bareck était officier de sécurité militaire á F’Derik (2ème région militaire) durant la période allant du 10 août 1990 au 30 avril 1991.

Les crimes que nous dénonçons sont fondamentalement en contradiction avec l’esprit et la lettre, aussi bien de la Charte des Nations Unies que de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Malheureusement le Général Ely Zayed Ould M’Bareck, comme tant d’autres bénéficiant de la protection de l’état mauritanien, principal responsable ici en cause n’a jamais répondu des crimes de torture qu’il a commis. Et par la loi d’amnistie n° 93-23 du 14 juin 1993  adoptée par l’Assemblée nationale inféodée au gouvernement (qui du reste n’a aucune légitimité sur le plan international), les autorités ont assuré une impunité totale aux auteurs de ces actes de torture.

 

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, madame, monsieur mes salutations distinguée.

Pour plus d’information, veuillez contacter :

le  Président Demba NIANG  : Email: dembadjinda@hotmail.fr

Boubou NJIM, chargé de Communications: Email: bouboundjim@hotmail.fr »

 

Nous espérons que les Nations Unies porteront une attention particulière à ce signalement.

La Mauritanie, malheureusement regorge de cas similaires qui ont fait l’objet d’une liste non exhaustive. Ces officiers supérieurs actuels ont joué un rôle macabre dans la purge de l’armée mauritanienne qui s’est déroulée pendant la période 1990-1991 et les Nations-Unies sont invités à faire des enquêtes approfondies pour ne pas recycler des génocidaires militaires mauritaniens qui n’ont pas été poursuivis par la justice de leur Pays.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes salutations les plus distinguées

 

Mamadou Sidi BA

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Spoliations foncières: les FLAM appellent à la vigilance face aux promesses et aux illusions

 

Spoliations foncières: les FLAM appellent à la vigilance face aux promesses et aux illusions.

Quelle est en définitive la position du pouvoir ethno-racial mauritanien sur la question foncière et le devenir des terres des populations négro-africaines du sud ?

Le 29 mai, un ministre du gouvernement décrétait, sentencieux, qu’il n’était plus possible de « laisser ces terres sans valorisation» et affirmait que « les populations locales n’ont pas les moyens d’en tirer tout le potentiel». Le ministre n’avait d’yeux que pour le secteur privé allant jusqu’à avouer: « on a été tenté de faire venir des investisseurs internationaux sans le consentement des populations». Il s’agissait aussi de pallier la défaillance du secteur privé mauritanien qui a « essayé de venir en appoint». On escomptait le pire. Depuis quelques jours, les autorités veulent faire croire à un changement d’approche. Le 8 juin, une délégation de représentants de l’administration et d’«experts» s’est rendue dans la région du Gorgol dans le cadre d’un programme gouvernemental portant sur les modalités d’établissement des titres de propriété foncière et sur le rôle des structures locales en la matière. Le maire de la commune de Diowol s’est fait le porte-parole des pouvoirs publics pour promettre un assouplissement et une diversification des moyens de preuve dans l’établissement des titres fonciers. L’élu a également annoncé un renforcement du rôle des associations locales qui pourraient devenir des interlocutrices des services déconcentrés de l’Etat. L’avenir nous dira ce qu’il adviendra de ces engagements. En attendant, les FLAM invitent les populations et nos concitoyens à la plus grande prudence. Il s’agit de tirer les leçons des expériences précédentes et ce, dans des domaines aussi essentiels que l’enrôlement. N’oublions pas les obstacles persistants programmés et dressés par le pouvoir et ses nervis zélés pour faire barrage à l’enrôlement de citoyens négro-africains. Qui s’en étonnera ? L’enrôlement, véritable génocide biométrique, avait précisément pour objectif de dépouiller de leur citoyenneté cette catégorie de mauritaniens. Résultat des courses, nombreux sont aujourd’hui les Négro-mauritaniens privés de papiers d’identité et tout logiquement de tous autres titres de propriété. Ces parias ne seront évidemment pas en mesure de prouver qu’ils sont détenteurs d’un quelconque titre de propriété. Les pouvoirs publics prouveraient leur bonne foi en leur permettant de recouvrer leurs droits et en 1er lieu de leur droit spolié à la citoyenneté. Les FLAM exhortent tous nos compatriotes et tous les démocrates à porter une attention particulière au sort des Négro-africains déportés et privés depuis des décennies de tout, à commencer de documents d’identification. De quels moyens de preuve pourront-ils se prévaloir pour récupérer leurs terres qui leur ont été indument arrachées ?

Nous avons une trop grande expérience du pouvoir mauritanien, de son système discriminatoire et éliminationniste pour lui faire confiance. Nous appelons en conséquence nos compatriotes à la plus grande des vigilances face à des promesses qui pourraient déboucher sur des désillusions et un cauchemar. Ainsi les FLAM mettent en garde ces populations contre les pièges qu’on leur tend dans le seul but de s’accaparer du seul bien et combien vital qui leur reste. 

Département de la communication des FLAM

Le 13/06/2021

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Mauritanie : la campagne d’accaparement des terres de la Vallée est lancée

Dans une interview accordée récemment à un hebdomadaire étranger, Monsieur Ousmane Kane, ministre des Affaires économiques et de la promotion des secteurs productifs affirme être «en train de travailler avec la Banque mondiale afin d’attirer le privé international pour investir dans l’agriculture» mauritanienne. Son diagnostic est des plus clairs : «nous ne pouvons plus laisser ces terres sans valorisation, les populations locales n’ont pas les moyens d’en tirer tout le potentiel». Sa thérapie révélée dans un audio diffusé par la radio de Dar El Barka, il y a quelques semaines, l’est moins. Son évaluation des avantages de l’investissement international occulte le fait qu’elle repose sur l’accaparement de ses terres, les dépossessions des uns qui subissent l’exclusion et les appropriations par d’autres considérés comme propriétaires exclusifs de l’espace national, de la mer, du ciel, des richesses et du pouvoir mauritaniens.

Le ministre est dans son rôle

Nul ne songera à le lui reprocher. Dans le même temps, nul ne peut méconnaître que venant de Monsieur Ousmane Kane, le propos revêt des significations politiques et même symboliques particulières. Il n’ignore rien des discriminations dont sont victimes les populations noires. Il avait fait état de ces discriminations lors de la conférence organisée par le Collectif des Cadres Mauritaniens Expatriés fin 2018. Il n’avait pas de charge politique.

Ministre technique à la compétence reconnue, Monsieur Kane est également perçu, à son corps défendant, comme une des cautions négro-africaines du gouvernement Ghazouani dont on sait à quel point il est peu soucieux de la représentation de cette communauté. Monsieur Ghazouani est en effet celui qui a poussé le plus loin l’entreprise de blanchiment tranquille et par contrecoup celle de l’effacement des Négro-africains de tous les pans du paysage mauritanien : forces armées et de sécurité, administration, magistrature, enseignement, monde médical… Les concours et les recrutements se suivent et se ressemblent dans leur implacable monotonie chromatique. Plus blanc que blanc. L’ensemble fait système. Il faut être aveugle pour ne pas le voir.

Quel rapport avec le foncier diriez-vous?

Un rapport évident : en Mauritanie, seul l’État, par le jeu de l’Ordonnance de 1983, peut accorder des concessions aux citoyens (et pour la circonstance aux investisseurs internationaux) qui en font la demande. Les concessions entre 30 000 et 100 000 ha sont soumises à une autorisation du ministre des finances. Celles de plus de 100 000 ha sont cédées par décision du conseil des ministres, auquel il siège. La déclaration du ministre ne peut se lire en ignorant l’arrière-plan qui en est le socle et le soubassement. Ceux-ci ont pour nom réforme foncière. On sait aussi comment l’Institution de Bretton Woods profite des lois floues de certains pays dans lesquels l’État, en « immatriculant » des terres faisant auparavant l’objet de droits traditionnels, droits reconnus au demeurant jusqu’au moment où il décide du contraire, pour exproprier des populations rétives à la modernité ou hostiles au pouvoir.

Associer les populations! Qu’à Dieu ne plaise, elles ne demandent que ça

Oui, Monsieur le ministre. Du moins au principe : « La mise en valeur des terres de la Vallée du fleuve Sénégal débouche sur processus gagnant-gagnant, afin d’en faire une source de croissance et d’emplois au profit d’une région que les habitants quittent».

Les investisseurs internationaux visent des objectifs commerciaux internationaux. Ils n’ont pas le souci de la satisfaction des besoins alimentaires locaux. Au Mali, une société libyenne exploite dans l’Office du Niger, à forte chimisation, motorisation et irrigation, 100 000 ha pour cultiver du riz destiné à l’exportation. En Éthiopie, 4 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. Dans le même temps, l’État vend des terres à des investisseurs internationaux pour produire des produits agricoles non alimentaires. En Guinée, 100 000 ha sont affectées à une société américaine pour produire du maïs ou du soja destinés à l’exportation ou à la production d’agrocarburants. Aucun véhicule dans ce pays, ni dans nul autre pays africain, ne roule à de tels carburants. Si dans le deal qui se trame, les paysans de la Vallée, détenteurs des terres, ne retrouvent «que» des emplois, non seulement ils n’y gagnent pas (il faudra désormais travailler selon des méthodes jusque là inconnues), mais ils perdent au passage la possession de leurs terres.Une approche gagnant-gagnant ? Éminemment souhaitable. Reste à en voir la traduction réelle.

Mais aurez-vous les moyens de vos ambitions affichées? De tenir vos engagements? Vous en laissera-t-on la possibilité? Le doute est permis

Il y a tout lieu d’en douter compte tenu des précédents et des pratiques traditionnellement brutales qui ont eu cours jusqu’ici. Faut-il rappeler que la politique foncière en Mauritanie est à l’image de la politique mauritanienne? Qu’elle est basée sur un système foncièrement raciste et discriminatoire? Qu’elle a pour levier un Land Act à la mauritanienne fondé sur la confiscation des terres négro-africaines au profit d’opérateurs privés issus tous de la même communauté et appartenant à la même couleur de peau? « Le privé mauritanien» a essayé de venir en appoint » dites-vous Monsieur le ministre.

Existe-t-il réellement un «privé mauritanien»? Les rares qui disposent de la puissance financière nécessaire ont mis à l’abri leurs terres en les mettant en valeur, au grand bonheur de leurs familles. N’avons-nous pas plutôt affaire à une caste monocolore d’hommes d’affaires avides et sans scrupule portée par un pouvoir racialiste jouant les communautés les unes contre les autres? Au risque de générer de nouveaux affrontements et des pogroms alors même que les plaies des pogroms anti négro-africains restent béantes? Les événements récents de Dar El Barka, Feralla et plus généralement dans le sud du pays n’incitent pas à l’optimisme. N’eût été le courage des populations, les terres ancestrales seraient à ce jour aux mains d’affairistes sans vergogne. Ce n’est pas avec la logique mercantile de ces rapaces que les populations tireront de l’exploitation des terres «tout le potentiel » comme vous l’appelez de vos vœux monsieur le ministre.

Vous voulez faire œuvre de «pédagogie»? Dieu vous entende

Ce serait une nouveauté. «La bonne approche» réside dans une bonne gouvernance financière impliquant populations locales via leurs représentants réunis par exemple en conseils ruraux ou collectifs d’exploitants. Ou toute autre forme qu’elles auraient choisie. En tout cas, «la bonne approche» ne saurait être la gouvernance actuelle dans laquelle l’État et ses démembrements imposent toute leur puissance, les paysans opposent leur courage.

Puissiez-vous, Monsieur le ministre faire preuve de la même prudence que vos partenaires potentiels de la Banque mondiale qui, dans un communiqué du 26 février dernier, se sont engagés à prendre en considération toutes les dimensions et tous les enjeux du sujet. Oui, Monsieur le ministre une problématique foncière ne peut être perçue sous le seul angle technocratique et économique. Elle recèle des dimensions de caractère humain, identitaire, symbolique et de justice sociale. Toutes choses allègrement ignorées jusqu’ici par le pouvoir dominateur, éliminationniste et raciste de Mauritanie.

Il est encore temps de changer. L’avenir de la cohabitation paisible entre nos communautés en dépend. Refusons toutes entreprises visant à liguer les unes contre les autres et toutes spoliations injustes de nos paysans. Leurs terres, c’est leur vie, leur dignité.

Pour rappel dans son article 17 la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans, adoptée par résolution du Conseil des droits de l’homme en septembre 2018, stipule :« Les États prendront des mesures appropriées pour veiller à la reconnaissance juridique des droits fonciers, y compris les droits fonciers coutumiers actuellement dépourvus de protection légale …. Les États protégeront les formes d’occupation légitimes et veilleront à ce que les paysans et les autres personnes travaillant dans les zones rurales ne fassent pas l’objet d’expulsions arbitraires ou illégales et à ce que leurs droits ne soient pas éteints ni bafoués de quelque autre manière ». Dès lors, les terres des déportés aussi et toute terre considérées «vacantes» faute de moyens d’exploitations ne doivent faire l’objet d’expropriations.

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 03/06/2021

Source Kassataya

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Mauritanie : clairement un Etat d’Apartheid sahélien Par Ciré Ba

L’actuel Chef de l’Etat, le général Mohamed Ould Ghazouani change la méthode de ses prédécesseurs. Il poursuit l’exclusion mais à bas bruits, en « douceur ». Son objectif est double : finir le travail et polir son image. On ne devrait pas laisser passer cette double peine.

La cooptation et l’entre-soi sont la règle de leur système sophistiqué.

Les recrutements et concours sont, dans les faits, remplacés par la sélection sur des bases raciale, ethnique et tribale. Toute la stratégie d’exclusion de la composante noire est conçue en fonction de cet objectif obsessionnel de « dénégrification ». Chacun à sa place et le tour est joué.

Le général Mohamed Ould Ghazouani, homme du sérail et acteur discret mais déterminé du système d’Apartheid sahélien, fut le maître d’œuvre méticuleux du blanchiment du commandement des forces armées quand il en était le chef militaire. Il y a conduit avec minutie une entreprise de gommage systématique.

Comme Chef de l’Etat, il s’est « révélé » un spécialiste des nominations et promotions monocolores. Il est, en la matière, un adepte du grand chelem. Il est désormais habituel que les vagues de nominations, de promotions des cadres ou de réussites aux concours profitent exclusivement à des personnes de la même ethnie et de la même couleur de peau. C’est le cas de cette nouvelle promotion monocolore de médecins Maures qui a bénéficié de cette cooptation depuis l’ère du général Mohamed Ould Abdel Aziz qui fut garant et bouclier du système d’exclusion.

Tous bénéficient de soutiens de la mouvance panarabiste destructrice. « Nous avons tout ce que vous n’avez pas : l’argent, les armes et le pouvoir» fanfaronnait récemment, non sans raison, un membre de cette mouvance raciste dont le pays regorge. Ceux-là ne demandent qu’à en découdre, sûrs d’avoir la force d’anéantissement de leur côté.

Cette idéologie raciste est à l’origine du génocide de l’ère du colonel Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya qui était garant et promoteur du système d’exclusion et de Grand Effacement de la composante noire de la vallée. C’était sa mission. Une mission poursuivie et consolidée par les deux généraux présidents cités qui l’ont succédé.

 

Ciré Ba

Paris, le 23/05/2021    Source Kassataya

 

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L’interminable calvaire des déportés négro-africains de Mauritanie

 

Avril 1989-avril 2021. L’interminable calvaire des déportés négro-africains de Mauritanie.

 Trente-deux ans qu’ils végètent dans des camps de fortune après «Diawara » ! Ce 9 avril 1989, des paysans de cette localité sénégalaise, excédés par les nuisances d’animaux en provenance de Mauritanie, décident de «reconduire» le bétail en divagation de l’autre côté de la frontière. L’entreprise se solda par un  drame. Deux Sénégalais sont tués et plusieurs autres sont retenus contre leur gré pour «interrogatoire» par les autorités mauritaniennes. Voilà comment un de ces incidents, somme toute routinier entre pays frontaliers, tourna au tragique. Quels rapports avec des citoyens mauritaniens vivant paisiblement à plusieurs kilomètres de là ? A priori aucun si ce ne sont une proximité culturelle présumée et la même couleur de peau. L’incident de Diawara a surtout été le prétexte à la réalisation d’un projet gouvernemental qui n’attendait que son heure. Le caractère systématique, soigneusement planifié, la coordination, l’ampleur et la rapidité avec lesquelles les déportations de citoyens négro-africains furent menées ne laissaient place au doute. Le projet était conçu de longue date. On s’en doutait. Les faits sont désormais reconnus sans complexes par leurs maîtres d’œuvre. Ces derniers admettent ainsi l’existence d’un plan éliminationniste ciblant toute une composante du pays. Dans un article hommage à l’artisan le plus cynique des déportations, l’ancien ministre de l’intérieur Gabriel Cimper, intitulé Administrer c’est prévoir, M. Vadili Mohamed Raiss, fonctionnaire du ministère, rapporte que le ministre de sinistre réputation l’avait missionné pour rédiger un rapport avec pour objectifs « l’urgente nécessité d’actualiser la monographie des villages situés de part et d’autre du fleuve». Il était précisé que «chaque village devait faire l’objet d’une étude distincte : date d’implantation, nature des habitants, équipements collectifs, cadres ressortissants, liens avec le Sénégal ». « Dans ce rapport, étaient consignées au détail près toutes les mesures à prendre dans l’hypothèse de la fermeture des frontières » ajoute M. Raiss. Explicite !  Les déportations ont affecté toutes les catégories de la population négro-africaine, tous les statuts sociaux. Et trente-deux ans après ? En trente-deux ans, le temps, on s’en doute, a fait son œuvre. Il y a eu des naissances et des morts en déportation. Des trajectoires différentes se sont dessinées. Il reste des vies brisées à jamais.  

Ils sont encore près de 24000 à survivre dans des camps de réfugiés au Sénégal ou au Mali. Les autorités mauritaniennes qui s’étaient engagées, voilà plus de dix ans, à organiser des retours, reconnaissant par là même la responsabilité de l’Etat, ont bafoué leur promesse. Quant aux rares rapatriés, ils  n’ont pu, comme on pouvait le craindre, retrouver leurs repères et leur place au sein d’une société qui a continué à vivre sans eux voire quelquefois contre eux. C’est le cas lorsque leurs biens ont été accaparés par d’autres. N’oublions pas que les déportations ont été précédées ou ont été suivies de spoliations en tous genres. Faute d’avoir pu retrouver leur vie et leur situation d’avant déportation, les déportés ont été réduits de nouveau au statut de réfugiés mais chez eux cette fois. 

Plus de trois décennies plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Pas assurément le sort des Négro-africains de Mauritanie. Si l’heure n’est pour le moment pas aux pogroms d’il y a trente ans, aux incarcérations dans des bagnes mouroirs, l’œuvre d’effacement de la composante négro-africaine reste plus que jamais d’actualité. Seules ses formes ont changé.

Par sa dimension symbolique et matérielle, la confiscation des terres, en cours dans la Vallée, marque une étape essentielle d’un parcours soigneusement balisé. Le projet est clair désormais : élimination ou assimilation culturelle.

Les FLAM demandent instamment aux autorités mauritaniennes de mettre en place, en collaboration avec le HCR et les organisations de défense des droits de l’homme, un plan de retour viable de tous les déportés mauritaniens vivant au Sénégal et au Mali, de leur garantir le recouvrement plein et entier de  leur citoyenneté et les conditions d’une insertion véritable dans la vie nationale.

Il est grand temps que le pouvoir  et racial en place en Mauritanie comprenne que le pays est condamné à voir cohabiter tous ses citoyens, dans le respect de leur diversité, culturelle notamment. Les politiques discriminatoires sont vouées à l’échec car elles seront fermement combattues. Ni les projets génocidaires, ni les déportations, ni les obstacles à  l’accès à la fonction publique, à l’armée, à la police, aux forces de sécurité ne viendront à bout de notre volonté d’édifier une Mauritanie réconciliée. Tel a été et tel reste l’objectif des FLAM.

Département de la communication des FLAM

Le 11/04/2021

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Conférence de presse des FLAM à l’occasion de leur 38ième anniversaire

A l’occasion du 38ème anniversaire de la naissance des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM), la section mauritanienne du mouvement a organisé dimanche après-midi une conférence de presse à Nouakchott, au siège de la Coalition Vivre Ensemble (CVE) dont elle est membre.

Les dirigeants du mouvement présents à cette conférence de presse sont :Bâ Kalidou, Secrétaire Général de la section Mauritanie, Aboubakry Souleymane Bâ membre du Bureau National, Abdoulaye Ali Diallo chargé des Relations Extérieures, Abou Samba Bâ Trésorier, le Chargé de communication Diakité ainsi que deux représentants basés en Europe de l’Ouest Samba Dia et Cheikh Athié.

Ont également pris part à cette conférence de nombreux dirigeants et cadres appartenant aux mouvances négro-africaine et haratine.

Cette conférence de presse a été placée sous le thème : « Non à l’expropriation des terres de la vallée.

Les FLAM toujours fidèles à leur discours

Dans la déclaration lue devant la presse les FLAM dénoncent avec la même verve et le même vocabulaire ce qu’elles considèrent comme étant les grands maux du pays et qui se résument à la discrimination raciale.

La déclaration met au pilori la politique d’arabisation qui a commencé sous feu Me Moktar Ould Dadah et qui s’est accentuée sous le régime de Ould Taya. « Maintenant la réalité du pouvoir politique, la haute administration, la justice et l’armée sont entre les mains des arabo-berbères. Les noirs sont exclus aussi de tous les secteurs vitaux de l’économie (banques, pêche, commerce, immobilier service…) dont la dernière étape est l’occupation des terres de la vallée grâce à une réforme foncière taillée sur mesure qui épargne curieusement l’espace des palmeraies. » note la déclaration.

Sont également pointés du doigt la diplomatie tournée vers le monde arabe ainsi que la longue litanie des crimes et des exactions provoqués par la crise de 1989 : des dizaines de milliers de mauritaniens noirs dépossédés de leurs biens et déportés au Sénégal et au Mali, d’autres ont été tués et leurs villages détruits ou réoccupés.

La déclaration ajoute que : « En 1990-1991, 509 militaires négro-africains (Foulani) sont arrêtés et assassinés, 28 militaires pendus pour célébrer l’indépendance du pays. Les auteurs de ces crimes restent impunis parce que protégés par une loi d’amnistie de 1993.»

Autres problèmes évoqués « le génocide biométrique », l’exploitation des haratines, l’ethnicisation des corps militaires et de l’administration « Le Sud majoritairement noir est administré par des blancs qui ne font aucun effort pour parler les langues locales. »

En 1986, les FLAM affirment avoir attiré dans leur manifeste l’attention sur « les dangers de ces politiques racistes panarabistes » mais la « seule réponse du régime a été et demeure la répression. » Pour elles : « L’arrivée du Général Ghazwani n’a fait qu’accentuer la pente observée depuis. »

Les FLAM persistent et signent tous les problèmes de la Mauritanie sont liés « à la construction identitaire du pays  qui n’a pas pris en compte les caractères multiraciaux et multiculturels du pays. »

De ce fait elles demandent l’organisation d’un débat national et demandent au nouveau président de poser des actes forts dont entre autres la prise en compte du problème des déportés de 2008, le retour de ceux qui sont installés au Sénégal et au Mali, le règlement du passif humanitaire, l’éradication de l’esclavage, l’arrêt de la dépossession des terres de la vallée, la refondation de l’Etat Civil et la réintroduction des langues nationales et leur officialisation.

Enfin les FLAM lancent un appel aux leaders haratines pour s’investir dans la sensibilisation afin d’éviter le piège du pouvoir dont l’objectif est d’opposer les haratines aux n égro-africains.

Un discours qui s’est avéré vrai

Les dirigeants des FLAM se sont évertués à donner des réponses aux nombreuses questions soulevées par les journalistes.

Au sujet de l’extrémisme des FLAM et de leur diabolisation qui a bien pris au niveau de l’opinion publique, ils ont soutenu que leur mouvement est pacifique qui prône la non violence : « Nous n’avons jamais tué une mouche »

Le mouvement se limite à dénoncer les inégalités et son discours s’est avéré juste car aujourd’hui notent ses dirigeants locaux : « C’est ce même discours qu’ils dénonçaient hier qui est repris actuellement par beaucoup de dirigeants politiques. »

Les FLAM seraient les premiers à demander de s’assoir sur une table et ce avant la valse des conférences nationales en Afrique.

Sur la question de l’autonomie la réponse est sans équivoque : nous voulons bien vivre dans un Etat unitaire mais ça paraît compliqué. L’enseignement des langues nationales qui avait été une réussite a été bloqué. De ce fait l’autonomie pourrait bien être une option.

Concernant la stratégie actuelle des FLAM elles ont salué les efforts des antennes étrangères qui ont contribué à la sensibilisation de l’opinion internationale sur la situation des noirs en Mauritanie.

D’autre part les FLAM soulignent ne jamais avoir demandé un récépissé car disent-elles cela ne va jamais marcher avec le régime anti-démocratique.

Actuellement elles évoluent sous l’aile de la CVE et espèrent user de ce tremplin pour faire pression sur les autorités. Dans ce cadre un document est fin près en vue du dialogue qui s’annonce.

A la question d’une éventuelle jonction entre négro-africains et Haratines elles répondent qu’elle n’a pas été possible jusque-là à cause du travail des renseignements qui arrivent toujours à étouffer dans l’œuf toutes les velléités de coordination entre ces deux composantes.

Mais notent les dirigeants de la section, les leaders noirs doivent comprendre qu’ils ont les mêmes objectifs.

Le manifeste falsifié par le régime

Les FLAM estiment qu’elles sont incomprises, le Manifeste du négro-africain opprimé qui est le document de référence du mouvement prône l’égalité et la justice pour tous les mauritaniens et c’est justement ce qui est défendu par tous les démocrates.

Ce document paru en Avril 1986, n’avait rien de dangereux et d’ailleurs il avait été distribué à tous les officiers et aux membres du Comité Militaire. C’est dire qu’il n’y avait rien à cacher. Mais le hic selon les responsables des FLAM c’est que ce document avait été traduit en arabe et falsifié par le régime de l’époque en connivence avec l’Irak, la Syrie et la Libye. Il a été distribué dans le monde arabe.

Bakari Guèye

Le 04/04/2021

 

 

 

 

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Mauritanie: La solution ultime est en marche.

 

Il n’y a plus de limites une fois les bornes dépassées. Le pouvoir ethno-racial de Mauritanie ne fixe plus aucune limite à son programme éliminationniste. C’est de plus en plus clair. Concours bidonnés et recrutements arrangés se suivent et se ressemblent obéissant à la même implacable logique : toujours les mêmes! D’ailleurs, pourquoi encore cette mascarade ? Monsieur Ghazouani est allé en deux ans plus loin dans le blanchiment et l’ethnicisation de l’Etat que tous ses prédécesseurs qui, pourtant, n’y allaient pas de main morte. Tous les verrous ont sauté. Il n’est plus question de faux-semblants. L’éliminationnisme est devenu plus que jamais ouvertement un projet d’Etat. Il est conduit sans complexes par un Etat qui ne prend même plus de gants et ne s’embarrasse plus d’apparences. La voie vers la solution ultime est pavée. Le message est clair. Les Négro-africains doivent assimiler une fois pour toutes qu’ils n’ont plus leur place en Mauritanie. Sans s’être concertés, certains, dont des représentants des pouvoirs « publics» se chargent de le leur rappeler très régulièrement. Ainsi, le député Idrissa Camara s’est vu expulser d’un commissariat et refuser le dépôt d’une plainte au motif qu’il ne parlait pas hassania. Comme si le Hassania n’était pas qu’une des quatre langues nationales du pays. Pour s’être s’exprimé en français, l’élu a été tout bonnement éconduit au motif que le français n’était pas une langue du pays. De retour au commissariat, il « surprit» pourtant les policiers censeurs devisant tout naturellement en français. Classique ! Dans le même ordre d’idées, par un courageux communiqué du 22 mars, le Syndicat National des Etudiants mauritaniens rapporte le comportement discriminatoire d’un enseignant à l’université de Nouakchott qui, le 8 mars dernier, se permit de stigmatiser en plein amphithéâtre un étudiant négro-africain. « Si tu ne parles pas hassania, ce n’est pas ta place ici » proféra l’enseignant. Un fait non anodin, ce dernier dispensait le plus tranquillement du monde son cours de comptabilité des sociétés en hassanya alors que ce cours devait être dispensé en français. L’histoire ne dit pas si les étudiants ne parlant pas les autres langues «afro-mauritaniennes» avaient leur place au sein de l’amphi et dans le pays ou si l’exigence ne vaut que dans un sens.

Ce n’est pas davantage la rubrique concours, recrutements, nominations et promotions qui apportera du réconfort comme l’illustrent quelques exemples tirés d’une actualité plus ou moins récente.

 En août 2019, une campagne de recrutement de l’armée « nationale» aboutit au recrutement de 47 personnes appartenant toutes à la communauté maure.

Le 11 juin 2020, un site mauritanien réputé publiait la liste de dix gradés nommés par le nouveau chef d’Etat-major des armées (lui-même maure comme les chefs des 3 armes, de la police, de la gendarmerie de la garde…) pour diriger des commandements et des régions militaires. Les dix promus sont maures. L’armée, dirigée des années durant par l’actuel chef de l’Etat, est de toutes les institutions celle où le blanchiment et l’éliminationnisme ont été les plus radicaux. Les récentes manœuvres militaires dites « Zemour II» ont permis de visualiser à quel point cette institution censée participer de l’intégration nationale est devenue monocolore, mono-ethnique, renfermée sur elle et sur une communauté.

Le 21 mars 2021, la direction générale de la police nationale publiait les résultats d’un concours interne. Trente « admis » et trente maures. Pour une fois, comme s’il s’agissait d’un fait de trop, la chose donna lieu à des réactions indignées, bien qu’isolées, de compatriotes maures. Nous ne pouvons évidemment que nous réjouir de ce début d’évolution et nous espérons qu’il gagnera en ampleur car nous croyons au combat commun.

Heureusement que par sa réussite notre sélection nationale de football est là pour nous mettre du baume au cœur et prouver que, pluriel, notre pays est plus attrayant et plus performant parce qu’il sollicite tous ses talents. Cet épisode heureux ne nous fera hélas pas oublier un quotidien fait d’exclusions et d’humiliations à l’image de celles infligées récemment à Kankossa à une concitoyenne bafouée, injuriée, traitée avec une vulgarité inqualifiable pour avoir voulu tout simplement exercer son droit à l’enrôlement.

Que dire du sort des paysans de Feralla qui, tel David face à Goliath, se battent avec l’énergie du désespoir pour que leurs terres ne leur soient pas confisquées au profit d’exploitants puissants et véreux? Les FLAM appellent à ce propos l’attention de nos concitoyens et celle de l’opinion démocratique internationale sur les manipulations et l’instrumentalisation habituelles par les pouvoirs publics visant à dresser les unes contre les autres des communautés qui ne demandent qu’à vivre ensemble en bonne intelligence. Nous savons à quoi ces entreprises meurtrières ont conduit notre pays dans le passé et appelons tous les responsables politiques à la vigilance pour contrer les plans diaboliques en cours.

Chers concitoyens. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous dressons un tableau sombre de notre pays. Il est hélas, vous le savez, en deçà de la réalité. Les choses sont allées trop loin et cela ne date pas d’aujourd’hui. D’aucuns pourraient légitimement penser qu’un point de non-retour a été atteint. Il appartient à chacun de nous et à nous tous collectivement de faire en sorte qu’il en aille différemment. Nous en appelons à un sursaut patriotique. L’avenir et la survie du pays en dépendent.

 

Département de la communication des FLAM

Le 04/04/2021

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38ième anniversaire des FLAM

Les FLAM, notre organisation, célèbrent leurs 38 ans. C’est l’occasion pour M. Ba Mamadou Sidi, président de notre mouvement, de revenir sur les faits marquants de l’actualité, de la pandémie à l’hypothétique dialogue national sans oublier les tribulations judiciaires de l’ancien président Aziz, parrain politique de  son successeur et de ses acolytes. Bien entendu, la question nationale, socle de notre projet, la question foncière et toutes les thématiques relatives aux discriminations et au racisme d’Etat seront au centre de son intervention.

Le 14/03/2021, département de la communication des FLAM

 

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