Livres et littératures

« Le Pékâne », l’hymne Peul du Thioubalaagu revisité par Oumar Djiby NDiaye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Presque 40 ans se sont écoulés depuis la publication de « Seul contre tous » de mon ami et grand frère Amadou Abel Sy (paix à son âme) et le gigantesque travail de notre ami Oumar Ndiaye dans son tout nouvel ouvrage intitulé « Le pékâne ».

 

Le Thioubalaagu (Cubalaagu) a une place majeure dans le Pulaagu du Fuuta-Tooro en ce qu’il reflète une sorte de miroir culturel de tous les Peuls, mais surtout parce qu’il fédère à lui seul et à travers le Pekaan, tout le génie littéraire que les chercheurs continuent de déterrer à travers les récits, contes et poésies qui ont marqué l’évolution de la langue Pulaar.

 

Lilyan Kesteloot1 nous rappelle que les Peuls ne sont pas que des nomades et la plupart ou la grande majorité est restée ou est devenu sédentaire au fil des âges. Et pour renforcer cette sédentarité ils on construit de grands empires dans le passé dont l’étendue reflète aujourd’hui l’étendue du continuum de la langue peul. Et Lilyan Kesteloot de conclure, dans sa brillante préface, que le travail de Monsieur Oumar NDiaye devient le « document indispensable pour celui qui veut connaître les peuls-des-eaux », ceux-la mêmes qui « transcendent les aléas de leur lutte quotidienne » en puisant dans ce patrimoine unique et fascinant.

 

Il est à noter que l’auteur montre qu’il n’y a pas eu suffisamment d’études sur le Pekaan pour « l’internationaliser » et le sortir du cadre d’origine. C’est dans cette perspective que l’auteur fait un inventaire quasi-exhaustif des travaux qui ont été consacrés à cet art ancestral du Pekaan. Il a notamment cité les travaux de Amadou Abel Sy2, Teen Youssouf Gueye,  Wane Mohamedou, Sow Abdoul Aziz, Hamet Ly ou Olivier Kiburz. Mais nous constatons, malgré l’intérêt manifeste de grands chercheurs pour ce genre littéraire qu’il y a encore bien des aspects du Pekaan qui ont besoin de plus de recherche. Le personnage de Guéllay Ali Fall en intéresse plus d’un vu le peu de documentation disponible sur l’homme! Une photo, une interview, une apparition vidéo, bref un travail documentaire sur l’homme sont autant de « doléances » du grand public au Fouta Toro3) qui continuent de considérer l’homme comme un mythe.

 

Bien entendu, le travail de l’auteur est avant tout un travail de recherche en sciences sociales. C’est une œuvre universitaire hautement technique qui aborde le sujet sous le prisme rigoureux de la recherche universitaire. C’est à ce titre qu’il va premièrement intéresser les chercheurs et les universitaires en même temps que les bibliothèques et les centres de connaissances et de recherches tant sur le plan social qu’ethnologique. Mais n’oublions pas que le Pekaan est avant tout un art populaire qui, depuis des décennies ne cesse d’avoir du succès auprès des nouvelles générations de la société Peule du Fouta. De ce fait, les gens ordinaire comme vous et moi trouveront dans cette œuvre une source de connaissances complémentaires et surtout une plus grande sensibilité à la prouesse poétique que constitue le Pekaan. D’ailleurs comme l’a fait auparavant Amadou Abel Sy, Oumar Ndiaye nous présente des transcriptions fidèles et précises de certains récits que nous avons l’habitude d’entendre à la radio souvent dans une qualité sonore pas toujours optimale.

 

Par conséquent ce livre à une utilité double, je dirais même triple. Avant tout, ce livre et une mine d’informations et de trouvailles sur le plan de la recherche littéraire et de la recherche tout court.

Et sans aucun doute, « Le pékâne » sera une entrée majeure dans toutes les bibliographies des recherches actuelles et futures en la matière. Le deuxième aspect de l’utilité de cet ouvrage réside dans les retrouvailles entre les peuples Subalɓe4 du Fuuta d’avec l’éminent poète Guéllay Ali Fall (Gellaay Aali Gaal), le mythique Jaaltaaɓe, le fils du terroir! En effet le natif de Aram symbolise à lui tout seul toute cette puissance exprimés dans les récits et les descriptions épiques dont il est et reste le maître incontesté. Avec l’avènement de l’écriture en langue Peul, un travail de recherche universitaire sur une personnalité de l’envergure de Guéllay ne peut susciter que de l’enthousiasme et surtout la soif de savoir et de mieux connaître l’étendue de son art. Les textes de Guéllay ne sont souvent connus en effet qu’à travers ces rares enregistrements sonores que nous avons l’habitude d’écouter à la radio ou parfois même sur les réseaux sociaux vidéo tel que YouTube.

 

De ce fait quand monsieur NDiaye nous fait passer de cette fameuse néo-oralité à une perspective plus ancrée dans le monde de la littératie en Peul qui est aujourd’hui le fer de lance de la renaissance du Pulaagu, nous sommes résolument dans l’ère de l’écriture et du texte en Pulaar.  Ce passage de l’oralité, parfois incertaine voire même précaire, vers la civilisation de l’écrit est une étape fondamentale de du progrès de la langue Peul. De ce point de vue, ce travail constitue un tremplin formidable pour la jeunesse d’aujourd’hui de demain, cette jeunesse même qui s’est accaparé de l’écriture pour en faire une arme pour le progrès.

 

Enfin, cet ouvrage nous apporte des éclaircissements indispensables qui permettent, une fois pour toutes, de renvoyer ces mythes folkloriques qui assimilent le Peul au seul métier d’éleveur, de surcroît nomade! Décidément il est toujours important de préciser, qu’à l’instar de toutes les autres ethnies africaines, les Peuls n’ont pas un métier exclusif. Ils ne sont pas non plus des nomades car un Peul qui possède deux vaches ne n’a nul besoin de sillonner des contrées hostiles pour faire brouter son minuscule troupeau. Le nomadisme implique la possession d’un troupeau conséquent, qui ne peut trouver satiété que dans le parcours incessant à travers le lointain. Bien entendue, les Peuls qui ont émigré vers d’autres contrées orientales de l’Afrique étaient probablement des éleveurs en majorité. Par contre la région d’où sont partis tous les Peuls qui peuplent aujourd’hui l’Ouest, le centre et une partie de l’Est l’Afrique, est restée attachée à tous ces métiers et savoirs-faire5 qui caractérisent chacune des castes du Fouta-Toro, dont ces fameux « aynaaɓe »6. D’ailleurs l’auteur ne s’y est pas trompé. Dès le premier chapitre Omar NDiaye nous gratifie d’une revue brève mais complète de la stratification7 sociale du Fouta Toro afin de nous mettre dans le bain ou le contexte social sous lequel le Pekaan est né. Ce n’est pas le propos du présent livre, bien sûr, mais une étude du milieu s’imposait. Et cet aspect de la culture et du mode de vie du Fouta Toro doit être connu de tous les Peuls. Cela permet d’élargir la notion de « Pulaagu » qui se voit encore enrichie de mille merveilles!

Nous pouvons constater que chez les Peuls qui vivent en dehors du Fouta Toro, ces stratifications sociales sont pratiquement pas (ou peu) connus. Un Peul du Fouladou ne sais pas ce qu’est un « Thiouballo ». Il l’assimilera tout simplement à un « vulgaire » pêcheur.

 

Ce livre nous montre bien que le Thioubalaagu est beaucoup plus complet et complexe que le simple fait de prendre son sa canne à pêche et d’aller chercher du poisson. C’est tout un ensemble d’ésotérismes et de mythologies qui tournent autour de ces nombreuses dichotomies et altérités dont l’auteur nous citent les principales dans le deuxième chapitre. C’est une formidable analyse que l’auteur nous fait pour démontrer qu’il y a une unité de forme entre les récits épiques de toutes ses cartes dont on parle dans le chapitre précédent. Oui, en effet on retrouve ces altérités dans pratiquement tout tous les récits des castes du Fouta Toro: altérité « humains et non-humains », altérité « homme/femme », altérité « ethnique et socioprofessionnelle » et enfin altérité « individu et classe d’âge ». Nous les retrouvons dans le Fantaŋ, le Leele et surtout dans les récits épiques des Awluɓe (griots). Je renvoie ici vers l’ouvrage de Hamet Ly intitulé « Ɗalee Mawɓe Ndeena » (Libraire Islamique Ly & Frères, 2014).

 

 

J’ai aimé ce livre pour toutes ces raisons et je le recommande aussi et surtout aux Peuls des autres contrées du continent, car ils y trouveront peut-être le chaînon qui complétera leur lien avec le Thioubalaagu, qui est surtout la forme du Pulaagu la plus ancrée dans les cultures diverses de notre Fuuta.

 

« Le Pékâne » par Ndiaye Oumar Djiby est publié chez l’Harmattan – ISSBN: 978-2-343-10267-2. Disponible sur commande en ligne chez l’Harmattan et Amazon ainsi que d’autres sites marchands.

Bonne lecture!

 

Ibrahima Malal Sarr

Président de du Groupe Pulaagu

Fondateur du blog et du site Pulaagu.com

Notes:

  1. Lilyan Kesteloot – ou Lilyan Fongang1 Kesteloot – née à Bruxelles en 1931, est une chercheuse belge spécialiste des littératures négro-africaines francophones, un domaine dans lequel elle peut être considérée comme une pionnière.
  2. Auteur de « Seuls contre tous », première étude assez élaborée sur le Pekaan, NEA, Dakar 1978
  3. Le Fouta-Toro était un royaume de la vallée du fleuve Sénégal, sur le Sud de l’actuelle Mauritanie et le Nord de l’actuel Senegal où avait été fondé plus anciennement le royaume du Tekrour. (Wikipédia
  4. Les Thiouballo, Peuls pêcheurs ou Subalɓe en langue Pulaar
  5. Les Maabuɓe, Wayluɓe, Sakkeeɓe, Lawɓe, respectivement potiers, forgerons, cordonniers et bûcherons, entre autres.
  6. éleveurs
  7. cf le Livre Yaya Wane, « Les Toucouleur du Fuuta-Tooro : Stratification sociale et structure familiale » Université de Dakar. Institut Fondamental d’Afrique Noire. Collection Initiations et Etudes Africaines. N°XXV. Dakar. 1969.

Source: blog-pulaagu.com

 


« Kaédi, ville éternelle de Mauritanie»

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ville mythique du sud mauritanien,Kaédifut caractérisée pendant longtemps par une plaisante et joyeuse vie sociale. Elle fut porteuse de traditions séculaires qui en ont fait le plus grand centre culturel de la vallée duSénégal. Mais tout a changé depuis l’avènement de la sécheresse au milieu des années 1970.

Pour comprendre les mutations à l’œuvre, il faut interroger les politiques municipales. Il faut interroger les jeux d’enfants, les séjours des étudiants talibés et les activités culturelles d’autrefois.

Il faut écouter les traditions, les légendes populaires et les discours des anciens… Pourquoi tant de changements ? Pourquoi tant de contradictions ? Pourquoi tant d’incapacités pour la reconquête collective d’un cadre de vie agréable et épanouissant pour tous ?

L’avenir de la cité passera nécessairement par le rassemblement de tous les acteurs autour d’un projet commun. Il conviendra pour ce faire de mettre en œuvre une vraie politique de développement local afin de reconstruire un cadre de vie agréable… C’est l’exaltant défi qui est lancé aux Kaédiens pour la reconstruction d’une ville radieuse ! »

L’auteur

Tidiane Koïta est né en 1958 à Kaédi (Mauritanie). Titulaire d’un doctorat d’urbanisme et chevalier de l’Ordre national du mérite et de la Légion d’honneur, il a enseigné dans différentes universités.

Il a par ailleurs participé à de nombreux programmes de recherches sur le fait urbain. Directeur général adjoint des services de la ville de Beauvais entre 2009 et 2014, il est actuellement DGAS de la ville de Villepinte en Seine-SaintDenis.

 

Source : le quotidien de nouakchott

 


Code 28 : Entre Mauritaniens Ousmane Dia Resumé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Resumé

Entre Mauritaniens, ce n’est jamais des citoyens pris sur un pied d’égalité, soumis au même traitement par les autorités ; ce qui peut tuer ou emprisonner un Noir, parce qu’interprété comme un crime, pourrait bénir un Maure. Ou alors on est dans le rêve, ou c’est la réalité qui n’arrive pas à dépasser le stade de rêve. Souvenez-vous des vingt-huit militaires sauvagement assassinés par le président Ould Taya un vingt-huit novembre, jour d’anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie, commémoration triste et douloureuse suivie d’un long deuil sans corps remis aux familles parce que les victimes furent enterrées à la hâte par leurs assassins dans une fosse commune.

Auteur

Ousmane DIA est un écrivain Franco-mauritanien qui a publié plusieurs ouvrages. Ce livre est le cinquième d’une série de Codes qu’il nous dévoile avec son style caractéristique.

Discipline : temoignages

  • Parution : 27-11-2015
  • Auteur : Ousmane Dia
  • ISBN: 978-2-312-04107-0
  • Format : 120×190 mm
  • Nombre de pages : 194
  • Série / Collection : Les Editions du Net

 


La Mauritanie et le système beydane, Pour des valeurs et des symboles neutres de Mamadou MAR

 

 

 

 

 

 

 

Ce livre retrace succinctement l’évolution de la Mauritanie et décortique le système beydane et les dérives qu’il a entraîné dont notamment l’exclusion des couches noires de la population du Pays pour l’instauration d’un racisme et d’un esclavage sans nom. Il propose aussi des solutions qui méritent dêtre étudiées car susceptible de servir de piste de réflexion à un règlement de la crise mauritanienne qui, si elle n’est pas résolue, entraînerait à terme l’implosion et la disparition du pays.

 

L’auteur est né le 31 décembre 1972 à Maghama dans le sud de la Mauritanie. En 1989, il fut déporté vers le Sénégal suite au conflit qui avait opposé les deux pays. En 1993, il rentre en Mauritanie pour passer l’examen du baccalauréat. Après l’obtention de son diplôme en 1994, il entre à l’Université de Nouakchott où il sort avec une maîtrise en philosophie. C’est pendant cette année qu’il adhère au PLEJ où il fait ses premiers pas en politique. Après quelques années de travail dans l’administration, il quitte son pays en 2008 pour la France pour demander l’asile politique.

 

« Nous venons d’un pays qui n’existe plus. Ou plutôt, nous ne reconnaissons plus ce pays d’où nous venons comme le nôtre. Et tant que ce pays sera ce qu’il est aujourd’hui, nous n’existerons pas. Nous n’existerons qu’à compter du jour où changera le nom le nom de ce pays. Car ce pays nous nie, nous et les nôtres. Pour tous ceux de la race dont ce pays porte le nom, nous n’existons pas, nous qui pourtant en faisons partie. Ou plutôt, ils ne consentent à ce que nous existons qu’à condition que nous fassions comme si nous n’étions pas là. Mais nous taire, nous, nous ne savons pas faire. Nous terrer, nous laisser ferrer, pour nous c’est l’enfer. Nous n’existons peut être pas, mais insister, ça nous savons, résister, nous savons et inciter, nous savons aussi. Et nous disons : le nom de ce pays-là, demain, ce sera celui-ci…..

 

 


J’ÉTAIS À OUALATA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le racisme d’État en Mauritanie

Alassane Harouna BOYE.
Préface par Samba Thiam.
Memoires Africaines.
Histoires Afrique noire.

 

Depuis l’indépendance en 1960, l’État mauritanien a développé une politique  » raciale « , discriminant et marginalisant l’entité négro-africaine, au profit des Bidanes (arabo-berbères). Sous les régimes successifs, les tensions entre les deux communautés n’ont cessé de s’exacerber. En octobre 1987, une vague d’arrestations s’abat sur Nouakchott, ciblant les cadres militaires négro-africains. L’auteur fut emprisonné à Oualata puis à Aïoun. Il retrace ici les péripéties de l’engagement, l’arrestation, le calvaire carcéral.

 

 


L’ENFER D’INAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mauritanie : l’horreur des camps »

Mahamadou SY

 

Études africaines
Histoire, Mémoires

 

Récit historique

 

Afrique noire

En quelques années, la Mauritanie aura tout connu : mise en place d’une dictature, tortures, déportations, épuration ethnique… C’est dans ce contexte dramatique que se situe cet épisode sanglant que nous raconte Mahamadou Sy. Survivant des camps de la mort, il nous livre un témoignage bouleversant sur les horreurs qui s’y sont déroulées. Avec une incroyable précision, il plonge le lecteur dans un univers surréaliste que l’on a mal à imaginer de nos jours.

 


Terreur silencieuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un voyage dans l’esclavage africain contemporain

par Samuel Cotton
New York: Harlem River Press, 1998. 170 pages. 15,95 $ (poche)

Critique par Daniel Pipes
Middle East Quarterly
décembre 1999

L’esclavage – la propriété [par la force] brutale d’une personne et son exploitation comme une bête de somme – a lieu dans deux endroits principaux dans le monde contemporain, le Soudan et la Mauritanie. La pratique soudanaise résulte en grande partie d’une guerre menée par les musulmans contre les chrétiens, quand les premiers arrivent à vaincre les derniers, souvent ils les asservissent (et souvent les convertissent à l’Islam). La Mauritanie n’a pas de guerre et aucune autre religion que l’islam – elle est près d’être un pays purement musulman – mais elle a une fracture raciale entre les Arabes (peau claire) et les négro-Africains (peau noire). Sur une population totale de quelque 2 millions, quelques dizaines de milliers de Mauritaniens sont réduits en esclavage.

Lorsque Cotton, un étudiant diplômé de l’Université Columbia et à temps partiel journaliste, est informé de cette situation, il est horrifié et se plonge dans son étude. Son voyage court mais intense en Mauritanie au début de 1996 lui a montré l’information de première main sur l’existence de cette ignoble institution, et comme noir américain, il a senti la servitude des Mauritaniens noirs comme particulièrement émouvante. Cotton a commencé ses recherches en tant que journaliste, pensant que la simple exposition des faits aurait une incidence sur d’autres Afro-Américains comme cela en avait eu pour lui, qu’ils sursauteraient devant la racisme et la servitude en Mauritanie, un peu semblable à l’expérience de leurs propres ancêtres. Mais ils ne l’ont pas fait. Il a constaté que les leaders noirs (Louis Farrakhan, les noirs américains musulmans importants, l’ancien membre du Congrès Mervyn Dymally, et des universitaires à l’Université Howard) non seulement ridiculisaient la question, mais dans de nombreux cas trouvaient des excuses pour le système esclavagiste. Donc, il est devenu militant. Jusqu’à présent, même ses succès apparents, tels que le passage d’une résolution de la NAACP[National Association for the Advancement of Coloured People] condamnant l’esclavage, tout cela s’est avéré ne pas avoir de signification opérationnelle.

Le compte-rendu de Cotton de la scène mauritanienne est poignant, son histoire personnelle, émouvante, et son rapport sur les réactions Afro-américaines, déprimant. Environ deux siècles après le grand effort abolitionniste américain, recommencer de nouveau est nécessaire, en se focalisant cette fois sur le monde musulman


1989, Gendarme en Mauritanie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Harouna LY – Essai (broché). Paru en 06/2007

1989, Gendarme en Mauritanie vous conduit dans un univers bien particulier : le milieu socio-professionnel de la gendarmerie, si peu décrit, et ce, dans un environnement géographique que peu de gens ont le bonheur de connaître : l’austère et belle Mauritanie et la zone désertique de l’Inchiri, en particulier.
L’humour, la joie et la volonté de vivre font exploser le style de l’auteur et le lecteur ne saurait s’ennuyer mis en face d’un réalisme aussi coloré.

 

Pourtant les aventures et mésaventures de ce gendarme se situent dans un contexte socio-politique dur, celui d’un pays meurtri par les conflits ethniques, la guerre, le racisme, les séquelles de l’esclavage et les luttes de pouvoir.
Le témoin principal s’en tient à ce qu’il a vu et subi, apporte sa contribution précieuse à l’histoire avec honnêteté, refuse toute logique de haine et c’est une belle leçon d’interculturalité.

Harouna Ly, surnommé Rachid, est né à Wouro-Dialaw (département de Bababé, Brakna Mauritanien, Vallée du Fleuve Sénégal). Sa famille Toorobe (maraboutique) lui fait fréquenter très jeune l’école coranique familiale avant de l’inscrire à l’école française. Il s’enrôle dans la Gendarmerie en 1983 ; après une formation à Rosso, il est affecté à la Brigade Mixte de Nouackchott, puis à la Brigade d’Akjoujt (wilaya de L’Inchiri). Il est arrêté en mai 1989 et révoqué du Corps de la Gendarmerie le 6 Juin de la même année.
Harouna LY travaille maintenant dans un Cabinet d’Avocat. Il a collaboré à plusieurs journaux indépendants et est actuellement rédacteur-en-chef de l’hebdomadaire «La Nouvelle Expression». Ce livre n’est pas sa première publication.

Lire l’interview accordée par l’auteur à flamnet en juin 2007.

Noirs et Beydanes mauritaniens: L’école, creuset de la nation?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oumar Moussa BA , Broché – 26 juin 1981

 

Négro-africains, Berbères, Arabes et plus généralement  » Noirs  » et  » Beydanes  » se côtoient depuis longtemps en Mauritanie. L’esclavage sévissait il y a peu, et les Noirs mauritaniens l’ont dénoncé dans les instances internationales. Les rares Noirs qui, grâce à leur valeur, ont pu grimper l’échelle sociale ont été redescendus par les Beydanes au pouvoir. Amnesty International a dénoncé maintes fois le système de discrimination raciale violente sévissant dans ce pays. L’école républicaine peut-elle, en Mauritanie, être le creuset d’une nation de double culture ? Y fait-on l’apprentissage de la tolérance et de l’acceptation de l’Autre, si différent de soi ? Y apprend-on donc à connaître, comprendre et respecter la culture de l’Autre ? Tous les Mauritaniens sont-ils traités également et leurs chances à la fin des études sont-elles égales ? L’auteur fait le pari d’un autre système d’enseignement qui peut réussir l’intégration nationale et ramener la paix et le progrès dans un pays déchiré.

 

La Mauritanie, entre l’esclavage et le racisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mohamed Yahya Ould Ciré
Quête du sens
ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION SCIENCES POLITIQUES AFRIQUE NOIRE

Mauritanie

Ce livre révèle et dénonce une tradition d’esclavage et de racisme en Mauritanie, à seulement quelques heures d’avion de l’Europe, perpétuée et perpétrée, au nom de l’Islam, à l’encontre des Haratine. Il constitue un document culturel, éthique et politique qui porte toutes les qualités de l’enquête historique minutieuse et du procès à charge intenté aux survivances bien vivaces d’un système féodal.

Rencontre avec l’auteur.

 


« Noirs de Mauritanie. Une vie de pierre»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Abdoulaye Wane

Folio : 80 pages, Format : 135mm*210 mm
Date de parution : 26 juillet 2014
Prix Public T.T.C. : 10 €
ISBN : 2-84220-0077-0

Argumentaire de l’ouvrage :

 

L’expérience mauritanienne, figée dans une dichotomie raciale et esclavagiste, éclaire d’un jour nouveau les réalités africaines, hantées par plusieurs antagonismes. Les extraits qui suivent illustrent, en guise de commentaire, la souffrance et la colère de Lobadé, constatant avec émoi le renoncement des élites.

« Le vivre ensemble ? … Il faut enfin que les plaies soient correctement soignées. Les pansements, ce n’est vraiment pas ce dont on a besoin. De vrais soins pour guérir les plaies. A force de rester longtemps ouvertes, elles ont fini par infecter tout le corps social. Pour guérir le mal, il faut aller à la racine. »

« C’est toujours en fonction de leurs propres référents culturels que les chercheurs construisent et valident leurs théories. Je pense qu’il y a effectivement une image caricaturale qui nous voile la face et nous empêche ainsi de saisir dans toute son objectivité le vécu des sociétés observées. »

« La quête identitaire, hélas, ne se contrôle pas et elle finit souvent en meurtre ! Hitler et ses sbires rêvèrent d’un peuple pur, sans tâche, grand, plein de vie, conquérant, dominant… Le refus de l’autre parce qu’il est différent de nous aboutit généralement à tous les excès. »

« … Il y a en effet une catégorie de citoyens à qui tout est possible, accessible et une seconde catégorie de sujets, figures errantes, qu’on tolère mais des gens à qui on ne concède aucun droit… Ils sont condamnés à un enfer où ils s’enfoncent tous les jours sans pouvoir toucher le fond. Aujourd’hui les victimes de la déraison de l’Etat … refusent la domination. »

Abdoulaye Wane forge dans ce texte dur et proche du réel, de nouvelles modalités de coexistence qui célèbrent la différence comme plus-value humaine.

 


Mauritanie du Sud : Conquêtes et administration coloniales françaises 1890-1945

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ibrahima Abou SALL
Broché – 1 mai 2007

 

L’historiographie coloniale de la Mauritanie, suivie en cela par certains chercheurs, fait peu de cas des populations de la vallée du Sud. De leur point de vue, l’histoire de la Mauritanie est celle du  » pays des Blancs  » (Trâb el Bîdân), tandis que le Sud serait à rattacher à l’histoire du Sénégal et du Mali. Le tournant de l’histoire coloniale de ces pays est pris au moment où la France décide de conquérir les territoires compris entre le Sénégal et l’Algérie pour construire sa  » Mauritanie occidentale « . Cet empire nord-ouest-africain ne devait concerner que des populations maures et touarègues, malgré la présence marginale de Noirs sur la rive droite du fleuve Sénégal.
Pourtant, les écrits coloniaux et les témoins de l’époque disent autre chose. II y eut deux types de conquêtes organisés dans des espaces et des contextes politiques différents. L’espace culturel africain noir donna naissance aux colonies du Sénégal et du Soudan français, et l’espace arabo-berbère au Trâh el Bîdân. Ces deux groupes distincts (Vallée du Sénégal, 1855-1891 et Trâh el Bîdân, 1902-1919) furent raccordés en 1904 pour former la Mauritanie actuelle. Leurs différences alimenteront pendant des décennies un débat sur le maintien ou non de l’unité de cette colonie, ressentie comme artificielle. alors que le Sénégal réclamait la rétrocession de la rive droite du fleuve. Les territoires du Sud présentent donc une double spécificité, tant par le mode de leur conquête que par la gestion politique qui leur fut appliquée. Leurs aristocraties traditionnelles (sooninke, haalpulaar et waalo-waalo) ont également inventé des stratégies originales pour s’adapter au nouveau contexte colonial. C’est à la mise en évidence et à l’étude de toutes ces différences que le présent ouvrage est consacré.

 


Les relations entre le Fuuta Tooro et l’émirat du Brakna (moyenne vallée du Sénégal) – Un terreau du colonialisme français : 1850-1903.

Ibrahima Abou SALL

L’Harmattan,  1er mai 2013

Les relations entre le Fuuta Tooro et l’émirat des Brakna au XIXe siècle ont fait l’objet de quelques études qui ont concerné essentiellement certains aspects traitant des conflits liés aux pillages ou aux terres de culture situées sur la rive droite du Maayo Mawngo (l euve Sénégal).

En entreprenant ce travail sur la période 1850-1903, l’auteur propose une analyse plus élargie des relations qui ne pouvaient se résumer à ces deux aspects. Elles concernaient, en réalité, tout ce qui était susceptible de toucher, à l’époque, les relations entre des peuples ou des pays voisins : la politique, le commerce, les pillages, les terres de culture, les interférences interfamiliales et interculturelles. Ces relations furent très complexifiées durant cette période, dans le contexte de réalisations des projets de conquêtes coloniales des territoires d’Afrique de l’Ouest organisés par la France.

Ibrahima Abou Sall est un historien originaire du Fuuta Tooro. Il travaille sur les pays du bassin inférieur du Maayo Mawngo au XIXe et XXe siècles, leurs conquêtes et administrations coloniales françaises. Il participe aussi à des travaux de recherche sur les émigrations internationales des Fulbe et leurs conséquences dans la problématique identitaire. Auteur de 14 articles, son premier ouvrage, Mauritanie du sud : Conquêtes et administration coloniales françaises (1890-1945), a été publié aux Editions Karthala en juin 2007.

 


Le Foûta Tôro au carrefour des cultures: [les Peuls de la Mauritanie et du Sénégal]

Oumar BA

Broché – 3 mai 2000

 

 

Le Foûta Tôro où vivent les Peuls de la Mauritanie et du Sénégal est une région chargée d’histoire. Oumar Ba en est un spécialiste. Il a su faire passer de l’oralité à l’écrit tout un trésor de traditions historiques que les mutations présentes de l’Afrique risquaient de faire disparaître des mémoires. L’historien, l’ethnologue et le linguiste trouveront dans ce livre de nombreux éléments pour étudier la culture et les sociétés peules. C’est donc ici un témoignage de première importance pour quiconque s’intéresse à l’histoire de l’Afrique occidentale.


Peuls et l’Etat en Mauritanie (Les). Une anthropologie des marges

Riccardo CIAVOLELLA

Broché – 25 août 2010

 

Cet ouvrage se propose d’étudier le croisement de la trajectoire de l’Etat mauritanien avec celle d’un groupe peul (les Fulaa’be). Resté historiquement en marge des centralisations politiques grâce au nomadisme et au pastoralisme, ce groupe a été intégré à l’Etat en subissant ses évolutions tourmentées. Reposant sur une analyse ethnographique, le livre retrace les différentes formes de marginalité endurées par les Fulaa’be, de l’époque coloniale jusqu’aux récentes tentatives de  » démocratisation « , en passant par les exactions de 1989. Face à ces processus d’exclusion, ils ont su transformer les  » marges  » dans lesquelles ils ont été relégués en interstices de pouvoir et de liberté, où se mettent en place leurs tactiques et stratégies pour la reconnaissance, la participation politique et l’accès aux ressources. S’appuyant sur les expériences et les narrations des Mauritaniens rencontrés pendant une recherche de terrain entre Nouakchott et la  » brousse « , cet ouvrage revient sur les questions cruciales de gouvernance, d’autochtonie, de démocratie locale et de décentralisation. Plus généralement, il apporte une contribution au débat sur la citoyenneté en Mauritanie, tout particulièrement avec le cas, aussi méconnu que révélateur, des réfugiés et des rapatriés mauritaniens du Mali. A travers une démarche qui part des  » marges  » pour mieux comprendre le  » centre « , cette recherche s’inscrit dans les approches récentes de l’anthropologie de l’Etat en Afrique et participe au débat postcolonial sur les concepts d’hégémonie et de subalternité.

 


Sociétés musulmanes et pouvoir colonial français au Sénégal et en Mauritanie 1880-1920 : Parcours d’accommodation

David Robinson

Broché – 2 juin 2004

 

Cet ouvrage porte un regard critique sur les liens entre pouvoir colonial et sujets musulmans. Entre 1880 et 1920, les ordres musulmans soufis devinrent les piliers des régimes coloniaux et des économies du Sénégal et de la Mauritanie. Cette étude analyse comment les chefs de ces ordres négocièrent leurs relations avec le pouvoir colonial de l’Afrique occidentale française afin de préserver leur autonomie dans le domaine religieux, social et économique, tout en abandonnant la sphère politique à leurs maîtres non musulmans. Cette donnée a représenté une évolution frappante, car les habitants de la région avaient le profond sentiment d’appartenir au Dar al-Islam, le  » monde de l’Islam « , au sein duquel les musulmans se gouvernaient eux-mêmes. En s’appuyant sur les archives ainsi que sur les sources orales et arabes, David Robinson décrit le rôle important que jouèrent les commerçants musulmans et la communauté mulâtre de Saint-Louis du Sénégal. Il examine l’impact des institutions électorales mises en place par la Troisième République et l’effort fait par la France pour acquérir une réputation de  » puissance musulmane « , celle d’un empire européen capable de gouverner des sujets musulmans. En dressant le tableau des ressemblances et des différences entre les trajectoires suivies par les principaux groupes de la région dans leurs réponses à la présence coloniale, David Robinson donne des clés permettant de comprendre aussi bien les relations entre savoir et pouvoir que les concepts de société civile et de pouvoir hégémonique, ainsi que la transférabilité du capital symbolique, économique et social.

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