Le baasisme et le nasserisme : des idéologies aux ingrédients mortels par Jamal SOW

 

 

 

 

 

 

 

Quand une idéologie se nourrit de la haine, de l’intolérance et de la négation de son semblable, elle n’enfante que  des monstres qui sèment partout des tragédies, des misères et la désolation. Des tragédies et des misères qui ne vont  pas seulement concerner les peuples auxquels, elle nie et rejette mais aussi à ce qu’elle croit défendre. Le peul dit « ko wari haako fof yahdora heen ».

 

Depuis les indépendances  jusqu’à nos jours  la Mauritanie n’arrive pas à trouver un équilibre politique, économique,  social, culturel et surtout à se mettre sur les rails d’un progrès  technique et scientifique. Elle ne cesse de tanguer, de vaciller et de tourner en rond: la Mauritanie souffre, une souffrance que le peuple ressent au plus profond de son de son âme et de sa chaire. Dans son cœur et sur ses deux fragiles épaules, pèsent d’avantage, chaque matin qui se lève, des maux dont, il n’a plus la force et l’énergie de supporter.

 

Sous le poids de ce fardeau, de ces misères, ses pieds s’enfoncent dans des repères mouvants, ses yeux aveuglés par les tempêtes de malheurs, il tâtonne et il n’arrive pas à avancer, il a perdu le sens de l’orientation. Devant lui, aux confins du ciel et de la terre, il ne voit pas se lever l’aube blanche, annonciatrice d’une matinée heureuse: tout est opaque et brumeux. Dans son cœur  l’espoir s’est asséché. La longue nuit épaisse qui voile son existence ne semble pas vouloir retirer ses pans lourds de malheurs sur lui.

 

Pourtant, cette nuit noire qui règne sur lui n’est pas le fait de Dieu, ni la vengeance des mauvais esprits, mais celui des hommes et des femmes qui ont importé des idéologies aux ingrédients mortels. En vérité l’importation et la réappropriation du Baasisme et du Nassérisme ont été une erreur fatale à l’élite intellectuelle arabo-berbère mauritanienne. La réalité multiraciale, multilinguistique et multiculturelle  de la Mauritanie ne pouvait pas être en harmonie  avec les exigences et les objectifs du Baasisme et du Nassérisme.

 

Malheureusement, c’est  en refusant de voir cette réalité en face, que les idéologues du Baasisme et du Nassérisme produiront une histoire douloureuse, une histoire de haine, de séparation, de méfiance entre les citoyens. Ils incarneront  des idéologies agressives, provocatrices, nihilistes et destructrices. Dans la mesure où tout simplement, ils ne sont pas limités à un nationalisme simple et passif, celui qui exalte, défend et épanouit les valeurs  culturelles, sociales, linguistiques et historiques de la société arabo-berbère.

 

Ils ont transgressé ce droit ,qui est d’ailleurs légitime à chaque peuple, en versant dans un nationalisme qui asphyxie et qui empêche aux autres de vivre et de s’épanouir  en fonction de leur spécificité naturelle, de leur essence socio- culturelle et de leur héritage historique.

 

 

Ainsi à l’école du Baasisme et du Nassérisme, ne sont sorties que des disciples qui n’ont pas appris la bonne morale. Une morale de la tolérance, de la justice et de l’égalité. Ces disciples ne voient le monde et les choses qu’en éternelle dialectique irréductible: l’homme blanc/l’homme noir; l’esclave/ le libre, »khayma kabir/kayma sagkir….De surcroît, ils ne placent la vérité et les valeurs absolues que dans leur «Je» personnel et dans l’unique nombril de leur culture, et de leur communauté, tout le reste n’est que manifestation basique et vocifération animalière. Par conséquent ne mérite aucun respect et considération humaine.

 

Cette vision du monde et ce discours qui peuvent illustré les théories d’Arthur Conte de Gobineau ou les cours d’anthropologies de Lévy-Bruhl ne pouvaient nullement préparer des lendemains heureux pour la Mauritanie.

 

Malheureusement, beaucoup de jeunes seront formés à cette école de la déchéance morale du Baasisme et du Nassérisme. Ils seront dans toutes instances politiques, économiques, juridiques, administratives, éducatives…

 

Ils deviendront ministres, gouverneurs, préfets, colonels, inspecteurs de police. Bref ils gangrèneront tout le système. Il est incontestable qu’avec de tels hommes qui suent la haine, les voies du mal sont largement ouvertes et inexorablement, ils mèneront la Mauritanie vers des impasses qui mineront toute la vie des simples citoyens. De cette morale jahiliste, anti-islamique et anti-humaine, s’ajoute une absence totale d’un programme politique significatif qui pouvait engager la société vers des transformations radicales, vers une amélioration des conditions de vie et surtout mettre le pays dans les rails des progrès techniques et scientifiques conséquents.

 

Car un système peut être raciste, xénophobe, mais produire des merveilles économiques, techniques et scientifiques. Le ségrégationnisme américain, et l’apartheid sud-africain des systèmes aussi répugnants que l’un de l’autre, n’ont pas empêché l’un d’être la première puissance du monde et l’autre le plus développé des pays africains.

 

Les idéologues du Baasisme et du Nassérisme pouvaient continuer à maintenir l’oppression et la discrimination, une partie de la population, tout en développant les différentes infrastructures économiques, éducatives, sociales: partout avoir les meilleurs hôpitaux, les meilleurs dispensaires, les meilleurs universités, les meilleurs écoles, les meilleurs routes, les meilleurs usines…Doter le secteur de la pêche et de l’agriculture des moyens ultramodernes et ultrasophistiqués. Malheureusement, si la première option, (celle de maintenir leur  domination) hante leur conscience, la deuxième possibilité (celle de développer le pays) a été toujours la benjamine de leur motivation. Les idéologues du Baasisme et du Nassérisme profondément emportés par la morale du ventre ont toujours considères la Mauritanie que comme une vache laitière, dont il faut sucer les mamelles jusqu’aux entrailles.

 

Sans état d’âme, ils ont pillé, ils ont détourné, ils ont bradé et confisqué tout ce que le pays contenait comme richesses et potentialités. Cette absence d’esprit du patriotisme, cette absence de sincérité vis- à -vis de sa propre conscience, et cette absence du respect de la morale religieuse ont fait naître des comportements  qui ont excellé dans l’art de la triche, du mensonge et de l’hypocrisie. L’anarchie, la médiocrité, et la misère vont étendre leur tentacule jusqu’ aux  détails  les plus infimes de la vie du pays.

 

 

Au comble du paradoxe, les idéologies du baasisme et du nassérisme qui se veulent socialiste, n’ont rien ni dans  la théorie  ni dans l’action  quelque chose qui se ressemble ni de prêt ni de loin aux nobles pensées du socialisme. Pour être convaincu, il suffit de se  livrer à un petit exercice de comparaison entre le socialisme russe, du chinois  et celui « porté » par le Baasisme et le nassérisme.

 

Quelques soient les critiques qu’on peut adresser à l’encontre de ces deux pays, il est incontestable que leur socialisme à été positif dans centaines dimensions  économiques et sociales. En Mauritanie, cette idéologie n’a pas inspiré la lutte contre la pauvreté, contre les maladies, contre la soif, contre le manque d’hygiène, contre l’absence de structures éducatives, sociales, sanitaires, culturelles…Elle n’a occasionné que le triomphe de ce qui est le plus exécrable chez la personne humaine: la haine de l’autre .Les idéologues du Baasisme et du Nassérisme n’ont pas voulu refaire l’histoire à la manière de JEAN JAURES, à la manière de MAO ZEDONG, à la manière de LÉNINE, de CHE-GUEVERRA…

 

Hélas! Tout leur génie, tout leur talent et toute leur énergie sont consacrés à d’autres taches. Des taches dans lesquelles était absent le salut du peuple mauritanien. Car y absents les intérêts généraux, le bien commun de tout  le monde et les grandes valeurs qui incarnent  la dignité humaines .Ainsi toutes leurs attitudes, toutes leurs décisions sont dictées par leur des sentiments d’égoïsmes, par des jeux de calculs qui ne prennent en considération que la proximité parentale, le teint  épidermique, l’origine sociale. Étrange socialisme  qui enfonce d’avantage le clou des devisions sociales, qui a ses bourgeoisie, qui a ses esclaves, qui a ses domestiques, et qui laisse planer des préjugés qui doutent de l’humanité de certaines populations.

 

En vérité si le baasisme et le nassérisme sont arrivés à s’adopter facilement dans le paysage, c’est parce que ses porteurs ont été éduqués, moulés dans des mœurs et dans des références culturelles qui demeurent favorables à la hiérarchisation entre les hommes. La société arabo-berbère a d’abord enfanté le système esclavagiste avant d’être la réceptacle des idéologies racistes et xénophobes. Ce système esclavagiste qui fera beaucoup de tord et de douleur à la masse haratine. Ainsi  de l’aube de l’esclavage   à nos jours, la masse haratine continue de porter le fardeau de l’histoire. Un fardeau lourd, douloureux et injuste. Elle avance dans l’histoire comme la seule damnée du siècle, la seule maudite des temps modernes.

 

Aucune douceur, aucun répit pour la masse haratine, constamment tenaillée par la férocité d’un système indigne, ignoble et rétrograde. Sous lequel elle râle, elle suffoque et elle sut. Ce système qui se nourrit de la misère de cette masse, qui s’enrichit brutalement sur le dos de cette masse. Triste sort pour ces milliers d’hommes, ces milliers de femmes et ces milliers d’enfants à qui, le système esclavagiste interdit tout plaisir, toute joie, toute prospérité et tout épanouissement. Ces êtres à qui,  la faim et la soif sont devenus des compagnons éternels qui, agitent le silence de leurs longues nuits.

 

Ces êtres qui, inlassablement, sous  le soleil brûlant, les pieds dans le sable ardent, emboitent les pas des chameaux dans le désert aux horizons infinis. Ces pauvres âmes qui, sous toutes les saisons, chargent et déchargent ces milliers de bateaux, ces milliers de remorques stationnés à  tous les ports, à toutes les gares, et dans tous les marcher du pays. Ces âmes qui, sous la lueur matinale d’un hiver rigoureux, grelotent de froid le long des artères de Nouakchott en quête d’une journée de travail: une journée pour casser des pierres, creuser des canaux, pousser des brouettes, élever des toits qui ne  seront jamais les leurs.

 

Ces âmes considérées comme immature, qui, dans les bureaux administratifs balayent, rangent, versent du thé. Enturbanné, habillé d’un simple boubou et de sale pantalon, l’homme haratin exécute mille et une commission pour des gens qui sont convaincus de leur noblesse, de leur supériorité du seul fait qu’ils sont blancs.

 

 

Quel destin sombre pour ces milliers d’enfants sur le dos de leur mère, qui dansent au mouvement de ces braves femmes qui pillent, qui ramassent du bois, qui lessivent, qui cuisinent. Alors ces femmes sont convaincues que ces choses pillées, lessivées, préparées ne sont pas pour elles: c’est pour la race pure, la race bénite!!

 

Ces enfants qu’elles portent sur le dos ne marcheront jamais sur le chemin des écoles, ils ne marcheront pas sur le chemin des centres de soins; comme les pères de leurs pères, ils marcheront dans ceux des ténèbres, de l’obscurantisme, de l’ignorance, de la maladie et de la misère. Ils sont nés pour les autres, ils grandiront pour les autres: leur vie et leur existence sont faites pour celles des autres.

 

Eux, ils n’ont pas une  »essence noble », une  »âme noble » et un  »sang noble ». Ils ne sont qu’une concentration d’impureté, un vomi de tout ce qui est de plus dégoûtant et de plus répugnant chez l’être humain. Ainsi, leur destin est scellé, ils doivent être de l’autre coté de la sphère de l’amour, du respect, et de la reconnaissance. Même exclu de la sphère de l’humanité, et de ses valeurs de tolérance, d’équité, de justice et de liberté, leur  »animalité » doit subir et supporter encore la férocité et la méchanceté infondées de la part, de ceux qui pensent les seuls à porter en eux la raison résonnante, la grandeur de l’histoire et la civilisation du vrai. Pour combien de temps va encore durer cette souffrance et cette misère?

 

Trop d’hypocrisie, trop d’opacité et trop d’ambiguïté  dans les  »solutions » données. Au fond, le système qui puise sa force dans le racisme et dans l’esclavagisme demeure, se renforce, se solidifie et prospère.

 

Affaire à suivre

 

Jamal SOW

mars 2011

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Auteur : Flammauritanie

Forces de libération africaines de Mauritanie Les F.L.A.M. sont une organisation à caractère plurinational, non ethnique et non raciale qui lutte pour l’avènement d’une société égalitaire et démocratique. Elles sont une Organisation politique pacifique , ouverte, qui privilégie le dialogue et la concertation, mais se résérve le droit de recourir à la lutte armée si elle y était contrainte. Toutefois, la violence physique n’est ni le but ni le credo de l’organisation. Les F.L.A.M. ont pour objectifs, entre autres, le recouvrement par tous les Mauritaniens et singulièrement les Négro-mauritaniens, de leur dignité par l’élimination de la discrimination raciale érigée en système de gouvernement.

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