Expropriations des terres de la vallée dans le département de M’Bagne, une mission du ministère de l’intérieur sur les lieux

La crise de la plaine de Koylal, rebaptisée “Ibn Khaldoum” par provocation, durant les années de braise, vient de connaître une évolution notable par l’arrivée d’une délégation du ministère de l’intérieur, venue écouter les protagonistes d’une affaire d’expropriation, arrivée aux oreilles des grands décideurs mauritaniens.

Conduite par Monsieur Wane Birane, conseiller du  ministre de tutelle et  comprenant le Préfet de Mbagne, le commissaire de police et le chef de brigade de la gendarmerie, la délégation est arrivée le vendredi 19 février 2021 dans le département pour s’enquérir du problème foncier défrayant la chronique au niveau de la cuvette de Dirol, sise dans le hebbiya. En elle-même, l’arrivée de la délégation est une reconnaissance tacite de l’existence d’un litige ancien que l’État, très réactif, entend traiter  pour juguler les conflits que la terre suscite partout dans le monde.

La délégation a commencé ses entretiens avec les rapatriés de 1989 habitant la ville de Mbagne, principaux bénéficiaires des expropriations des terres appartenant aux populations du Hebbiya. Cette communauté, issue de plusieurs villages du département, possède ses terres ancestrales et elle fut utilisée, lors des années de braise, comme une colonie préparant la grande invasion des terres de cette partie du pays.

Après Mbagne, la délégation est arrivée à Feralla où elle a eu un entretien avec les villages de la zone du Hebbiya représentés par les localités de Feralla, Bagodine, Dawalel, Mbahé et M’Bagne, conduites par de fortes suites tellement les enjeux sont importants aux yeux de tous.

Après les propos introductifs du chef de la mission, monsieur Wane Birmane, venu écouter les parties, les représentants des villages cités ci-haut ont pris la parole, tour à tour, dans une belle unanimité, pour dénoncer l’attitude curieuse d’une délégation étatique visitant d’abord les responsables de la forfaiture au grand dam des plaignants, rencontrés en dernier. Tous les orateurs, dans une synchronie naturelle, ont martelé les mêmes exigences: restitution des terres à leurs propriétaires légitimes, arrêt des travaux sur la plaine.

Après le mot de bienvenue du Président des jeunes de Feralla Monsieur Ba Moussa Sabirine, ce fut Moussa Thiam du village de Feralla qui ouvrit les interventions et ses larmes, versées publiquement, attestent de son profond désarroi face à une délégation semblant faire le jeu d’un camp.

Ce fut ensuite au tour de Ngam Hamadi Debe, ci-devant ancien maire de Bagodine, de lui emboiter le pas et de dénoncer une expropriation déguisée. Monsieur Sy Abdoulaye, ancien député et maire de la commune de Mbagne, prit le relai pour réitérer les mêmes revendications du retour des terres à leurs propriétaires initiaux.

Le chapitre des intervenants fut clos par le représentant du village de Mbagne, monsieur Chérif Bâ, un propriétaire terrien, qui ne s’est pas embarrassé de fioritures en disant son fait aux représentants de l’État déroulant, dans un cynisme froid, un plan machiavélique d’exclusion  des populations de la vallée touchant leurs terres, derniers paravents contre  la machine infernale productrice des apatrides.

La réunion s’est achevée dans un tollé indescriptible d’où est montée une curieuse déclaration du Préfet affirmant que l’État saurait, hic et nunc, sauvegarder les intérêts des mauritaniens, comme si l’assistance accueillait des étrangers venus des pays frères voisins. Curieux lapsus ou terrible bévue d’une autorité censée arbitrer avec équité!

Chérif Ba
M’Bagne- Mauritanie
Ville natal de Feu Dr Murtudo Diop

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Auteur/autrice : Flammauritanie

Forces de libération africaines de Mauritanie Les F.L.A.M. sont une organisation à caractère plurinational, non ethnique et non raciale qui lutte pour l’avènement d’une société égalitaire et démocratique. Elles sont une Organisation politique pacifique , ouverte, qui privilégie le dialogue et la concertation, mais se résérve le droit de recourir à la lutte armée si elle y était contrainte. Toutefois, la violence physique n’est ni le but ni le credo de l’organisation. Les F.L.A.M. ont pour objectifs, entre autres, le recouvrement par tous les Mauritaniens et singulièrement les Négro-mauritaniens, de leur dignité par l’élimination de la discrimination raciale érigée en système de gouvernement.

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