Mauritanie: accusés de complot Trois officiers toucouleurs condamnés à mort, le Monde 5.12.1987

 

 

 

 

 

 

 

 

La Cour de sûreté de l’Etat a prononcé, jeudi 3 décembre, la peine capitale contre trois des cinquante et une personnes, toutes de race noire, qu’elle jugeait depuis le 18 novembre pour un complot dirigé contre le régime du colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya déjoué le 22 octobre. Il s’agit des lieutenants Ba Seydi, commandant la base navale de Nouakchott, Sarr Amadou et Sy Saidon, officiers d’état-major. Ils n’ont pas la possibilité de faire appel, la Cour de sûreté de l’etat étant une juridiction d’exception. Leur sort dépend maintenant du colonel Taya, qui peut exercer son droit de grâce, indique l’agence Reuter.

 

La Cour a également condamné aux travaux forcés à perpétuité dix-huit prévenus, parmi lesquels figurent le capitaine Sy Bocar, directeur adjoint du cabinet militaire du président Taya, le lieutenant Ba Abdoul Khoudos, extradé d’Algérie la semaine dernière, le lieutenant Ali Moctar, commandant d’escadron de la garde présidentielle, Dia Abderrahmane, officier de permanence à l’état-major, Ba Alassane Amadou, contrôleur du Trésor, et l’ex-capitaine Diop Djibril, qui fut directeur de la sûreté nationale. Neuf prévenus ont été condamnés à vingt ans de travaux forcés et cinq autres à dix ans de la même peine.

Les juges ont acquitté le colonel Anne Amadou Babaly, ancien ministre de l’intérieur, contre lequel le procureur avait pourtant requis les travaux forcés à perpétuité. Seul officier supérieur impliqué, l’ex-ministre avait nié toute participation au complot mais il avait reconnu avoir été » consulté « .

Evoquant le complot, vendredi 27 novembre, dans un message à la nation à l’occasion du vingt-septième anniversaire de l’indépendance du pays, le colonel Taya avait affirmé que » l’objectif des conspirateurs était de renverser le pouvoir en place, de procéder aux liquidations de citoyens innocents et de répandre le désordre dans le pays « .

De source autorisée à Nouakchott on indique que les conjurés, qui appartiennent tous à l’ethnie toucouleur projetaient de proclamer une » République du Walo « , du nom de la vallée du fleuve Sénégal dont ils sont issus.

A Dakar, les » Forces de libération africaine de Mauritanie » (FLAM), un mouvement clandestin d’intellectuels noirs, ont condamné, dans un communiqué remis à l’AFP, l’extradition du lieutenant Khoudos par l’Algérie et affirmé que toute condamnation prononcée par les juges mauritaniens constituait » un crime contre la communauté noire « .

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Auteur : Flammauritanie

Forces de libération africaines de Mauritanie Les F.L.A.M. sont une organisation à caractère plurinational, non ethnique et non raciale qui lutte pour l’avènement d’une société égalitaire et démocratique. Elles sont une Organisation politique pacifique , ouverte, qui privilégie le dialogue et la concertation, mais se résérve le droit de recourir à la lutte armée si elle y était contrainte. Toutefois, la violence physique n’est ni le but ni le credo de l’organisation. Les F.L.A.M. ont pour objectifs, entre autres, le recouvrement par tous les Mauritaniens et singulièrement les Négro-mauritaniens, de leur dignité par l’élimination de la discrimination raciale érigée en système de gouvernement.

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